Des réformes de retraite payantes


 

Les différentes réformes des retraites qui se succèdent depuis 20 ans ont un réel impact pour les finances publiques. Selon des chiffres de la direction de la Sécurité sociale (DSS) divulgués le 2 décembre 2014 à l’occasion du colloque annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), la part de la richesse nationale consacrée aux retraites en 2040 serait supérieure de 4,4 points sans la loi Balladur de 1993. Cette différence atteint 6,2 points en y ajoutant la loi Fillon de 2003 et la réforme de 2008 et même de 7 points en prenant en compte la loi Woerth de 2010 et la loi Touraine de 2014.

Pour rappel, la réforme de 1993 a instauré la décote, le calcul des pensions sur les 25 meilleures années (10 années auparavant), l’allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 ans et l’indexation des retraites sur l’inflation (et non plus sur les salaires). La loi Fillon a porté la durée de cotisation de 40 à 41,5 ans et aligné la durée d’assurance du public sur le privé. La réforme de 2008 a quant à elle relevé la durée d’assurance pour les régimes spéciaux (SNCF, RATP…). Enfin, la réforme de 2010 a reculé l’âge de départ de 60 à 62 ans et celle de 2014 a allongé la durée de cotisation de 41,5 à 43 ans d’ici 2035.

La loi Balladur apparaît ainsi comme la réforme la plus efficace, d’autant qu’elle n’a pas encore porté tous ses fruits. Elle présente toutefois un effet pervers : les retraites étant depuis indexées sur l’inflation et la hausse des prix étant aujourd’hui faible, l’absence de revalorisation instaurée par les régimes pour résorber leurs déficits génèrent très peu d’économies.

 

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