Epargne retraite : l’Agipi voit ses Perp s’envoler


L'association d'épargnants se réjouit de voir les souscriptions à son produit d'épargne retraite populaire augmenter fortement depuis quatre ans. Difficile, pour autant, d'y voir une tendance de marché.

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Ne dites pas à l’Agipi que le Plan d’épargne retraite populaire (Perp) est boudé par les Français : l’association d’épargnants, qui proposent également des contrats d’assurance vie et de Retraite Madelin tous assurés par Axa, affiche de bons résultats commerciaux sur ce produit. « Depuis 2009, notre chiffre d’affaires réalisé sur les Perp a été multiplié par trois et le nombre d’assurés par quatre », a annoncé Valéry Jost, directeur général et marketing de l’Agipi, à l’occasion des Etats Généraux de l’Epargne, organisés le 15 janvier dernier à la Maison de la Chimie, à Paris.

Un produit pas facile à vendre

Ce dernier s’est, cependant, gardé de donner des données plus précises. Or, il est toujours plus facile de progresser quand on part de zéro… Reste que les performances du Perp de l’Agipi ne sont pas négligeables pour un produit réputé peu performant, à la fiscalité complexe et « trop aliénant » compte tenu de sa sortie en rentes. « Un souscripteur sait qu’il ne touchera les fruits de son épargne que 20, 30, voire 40 ans plus tard, a rappelé Valéry Jost. Il faut sacrément avoir confiance dans son assureur. »
Pour autant, selon lui, le produit serait en train de décoller. La preuve : d’après les dernières statistiques publiées par la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), on dénombrait 2,1 millions de Perp en 2011, contre 899 000 contrats Madelin. Certes, les seconds s’adressent uniquement à la catégorie des travailleurs non-salariés (TNS) alors que les premiers peuvent être souscrits par tout le monde. Il n’empêche, « plus que quiconque, les TNS savent qu’il leur faut épargner pour préparer leur retraite », a tempéré Valéry Jost. En outre, souligne ce dernier, le contrat Madelin a été créé en 1994 tandis que le Perp a été lancé seulement en 2003.

Pour une autre fiscalité

D’une manière générale, le maintien de la déductibilité des versements sur les produits retraite alors que les niches fiscales ont été plafonnées à 10.000 euros dans le Budget 2013 ne peut que profiter au Perp. « Le Perp est particulièrement intéressant pour les personnes payant beaucoup d’impôts », a reconnu Valéry Jost.
Pour autant, le DG de l’Agipi souhaiterait que le législateur instaure une option de sortie en rentes viagères à titre onéreux, comme celle proposée dans le cadre des contrats d’assurance vie. L’avantage fiscal n’interviendrait alors pas à l’entrée mais à la sortie avec une imposition de seulement 30% sur les rentes versées après 70 ans. Les participants aux Etats Généraux de l’Epargne ne pouvaient qu’abonder dans ce sens…

 

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