Epargne retraite : forte progression du PERP en 2015


Plus de 100.000 nouveaux plans d'épargne retraite populaires ont été souscrits l'an dernier, selon des chiffres rendus publics en juillet 2016. Pour la première fois, les cotisations versées sur les PERP dépassent les 2 milliards d'euros.  

Les cotisations sur le PERP ont dépassé pour la première fois les 2 milliards d'euros

Lentement mais sûrement, le plan d’épargne retraite populaire (PERP) gagne du terrain. D’après les dernières données de la Fédération française de l’assurance (FFA) publiées le 26 juillet 2016, quelque 109.000 nouveaux plans ont été souscrits en 2015. Soit une progression de 4,8% par rapport à 2014.

En comparaison, le nombre de nouveaux contrats de retraite Madelin qui, comme le PERP proposent le versement de rentes viagères à compter du départ à la retraite, a atteint à peine 67.000 unités l’an dernier.

Hausse des cotisations

Preuve supplémentaire du dynamisme du PERP : les cotisations ont augmenté de 13,7% l’année dernière pour franchir, pour la première fois, la barre symbolique des 2 milliards d’euros (2,064 milliards exactement). Dans le même temps, les cotisations sur les contrats Madelin ont progressé de « seulement » 4,1% en 2015.

En valeur, elles se sont toutefois élevées à 2,70 milliards d’euros. Au final, l’encours du Madelin excède 31 milliards d’euros, contre 14 milliards d’euros pour le PERP. Le premier a, il est, vrai, été créé en 1994, soit 10 ans avant le second.

Sortie en capital

Si la FFA ne donne pas d’explication aux bonnes performances du PERP, cette santé peut résulter de plusieurs facteurs. Tout d’abord, les plans sont ouverts à tous tandis que les contrats Madelin ne peuvent être souscrits que par les travailleurs non-salariés (artisans, commerçants, chefs d’entreprise et professions libérales).

Ensuite, contrairement aux Madelin qui proposent uniquement une sortie à 100% en rentes, les PERP peuvent être dénoués en capital à hauteur de 20% de l’encours lors du départ à la retraite. Ils sont également les seuls produits d’épargne retraite à permettre un déblocage à 100% en capital en cas d’acquisition de la résidence principale au moment de la retraite. Cette (relative) « liquidité » à la sortie peut plaire à certains épargnants.

Transfert du Madelin vers le PERP

Autre argument : les versements sur les Perp ne sont pas obligatoires à l’inverse des cotisations des contrats Madelin. Une souplesse là-aussi appréciée. Les transferts des seconds vers les premiers seraient, en outre, de plus en plus fréquents, selon les professionnels de l’assurance. Pour bénéficier d’une meilleure protection sociale et de moins de tracasserie administrative, des travailleurs non-salariés (TNS) se feraient salarier par leur entreprise. En passant du statut de TNS à celui de travailleur salarié, ils seraient alors contraints de transférer leur Madelin dans un Perp.

Enfin, l’arrivée des acteurs de l’assurance vie en ligne sur le marché joue sûrement. De plus en plus de courtiers proposent de souscrire sur Internet des PERP avec des frais réduits. Un argument loin d’être négligeable sachant que ces plans sont généralement fortement « chargés ».

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