Forte baisse du pouvoir d’achat des cadres retraités en 20 ans


D'après une étude du Conseil d'orientation des retraites à paraître le 14 octobre 2015, les cols blancs nés en 1932 qui ont quitté la vie active en 1992 ont vu leur capacité financière se réduire de 8% 22 ans plus tard, contre une perte de « seulement » 4% pour les non cadres.    

Les retraites des cadres sont davantage assujetties aux contributions sociales que celles des non cadres

Les cadres à la retraite ont nettement perdu en pouvoir d’achat en l’espace de deux décennies. Selon une étude réalisée par le secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui sera dévoilée le 14 octobre 2015, les cols blancs nés en 1932 et qui ont quitté la vie professionnelle en 1992 ont vu leur capacité financière diminuer de 8% en 2014. A titre de comparaison, leurs collègues non cadres ont subi, dans le même temps, une perte de pouvoir d’achat deux fois moindre, à 4%.

Deux facteurs expliquent cet écart. Tout d’abord, la revalorisation du point Agirc, le régime de retraite complémentaire des cadres, s’est située en 1994, 2000, 2010 et 2011 en deçà de l’inflation. Ce qui signifie qu’à chaque fois la pension complémentaire des cadres n’a pas suivi l’évolution de la hausse des prix à la consommation.

Le poids des contributions sociales

Par ailleurs, les cadres sont touchés de plein fouet par les contributions sociales pesant sur les retraites. Depuis 1991, les pensions de base et complémentaires sont soumises à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS). Depuis 2013, les retraités assujettis au taux plein de CSG doivent également payer la contribution additionnelle de solidarité à l’autonomie (Casa).

Or, compte tenu du montant de leurs revenus, les cadres sont éligibles à la CSG à 6,6%, donc à la Casa à 0,3%, sans oublier la CRDS à 0,5%. Soit un taux global de 7,4% de contributions sociales prélevé directement sur leurs retraites de base et complémentaires, qui vient rogner leur pouvoir d’achat. A l’inverse, les salariés les plus modestes ont peu perdu de leur marge de manœuvre financière « car ces retraités sont exonérés de prélèvements sociaux et ne sont pas concernés par les évolutions propres au régime Agirc », constate le secrétariat du COR.