Hollande annonce un « rattrapage » sur les retraites agricoles


François Hollande a annoncé le 2 août 2013 lors d’une visite dans une ferme en Dordogne, le lancement d’un « plan de rattrapage » des petites pensions des agriculteurs. « La situation des retraites agricoles n’est pas satisfaisante, il y aura donc un plan de rattrapage », a déclaré le chef de l’Etat au cours de cette deuxième étape, après Clichy-sous-Bois, de son tour de France estival.

 

« Nous préparons l’avenir des retraites, des petites pensions, et notamment dans le domaine de l’agriculture où il y a des femmes et des hommes, beaucoup de femmes, qui vivent avec des pensions qui sont très faibles. Et donc sera assurée une pension dans les trois prochaines années qui atteindra au moins 75% du Smic. C’est une promesse que j’avais avancée dans la campagne et c’est maintenant une décision », a-t-il précisé. Actuellement, avec 722 euros par mois, la retraite moyenne des agriculteurs s’élève seulement à un peu plus de 50% du Smic, selon la Fédération nationale des syndicats des exploitants agricoles (FNSEA).

L’autre volet du plan de rattrapage devrait concerner l’extension de la retraite complémentaire (RCO) aux conjoints et aux ayants droits. Cette dernière existe mais uniquement pour les conjoints et ayants droits des agriculteurs ayant pris leur retraite à compter de 2008, c’est-à-dire après le vote de la loi Peiro instaurant la RCO agricole. L’auteur de la loi, Germinal Peiro, également député PS de Dordogne, accompagnait d’ailleurs François Hollande.
Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, s’est réjoui des déclarations du président de la République le 2 août 2013 sur BFM TV.

 

Reste que le leader du syndicat majoritaire agricole regrette que le plan Hollande ne prévoit pas un changement dans le mode de calcul des pensions des exploitants agricoles. « Nous sommes loin de la parité, on calcule les retraites agricoles sur une carrière entière (et non sur les 25 meilleures années comme pour les salariés, NDLR), c’est la seule profession pour laquelle ça se passe comme cela », a souligné Xavier Beulin.

Selon un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) paru en mars 2012, un alignement du mode de calcul représenterait un coût de 500 à 700 millions d’euros par an alors que le régime de la Mutualité sociale agricole (MSA) affiche un déficit de 1,3 milliard d’euros, le nombre de ses pensionnés (1,68 million) dépassant de loin celui de ses cotisants (520.000).

 

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