L’avenir des régimes de retraite Arrco et Argic en débat


Les syndicats ont entamé des négociations sur le financement des deux régimes de retraites complémentaires du secteur privé. Ils doivent trouver des solutions pour éviter les déficits de ces régimes bénéficiant aux salariés et aux cadres. Les syndicats craignent un passage de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans.

L’Arrco et l’Agirc sont les régimes complémentaires de retraites du privé. Les salariés cotisent à l’Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés), et les cadres à l’Argic (Association générale des institutions de retraite des cadres). Aujourd’hui ces dispositifs gèrent les cotisations et les prestations de retraite de 18 millions de salariés et 11 millions de retraités, pour un montant de 50 milliards d’euros.

Mais ce système semble menacé à moyen terme. Aujourd’hui, pas de problème, car à l’inverse de la retraite de base, en déficit chronique, le régime de l’Arrco et de l’Argic dégage encore des excédents. Mais les projections des partenaires sociaux montrent qu’il devrait passer dans le rouge en 2018, voire plus rapidement si l’on en croit les dernières estimations. De plus, le rendement des régimes s’essouffle : pour 100 euros de cotisation, vous obtenez 7 euros de pension, soit 30% de moins qu’en 1990.

Afin de maintenir les chiffres dans le vert et les rendements, des négociations se sont ouvertes entres les syndicats salariés et patronaux. Tous s’accordent sur la nécessité d’une réforme, mais pas sur les modalités. Ils ont deux mois pour trouver un terrain d’entente, puisque l’accord actuel se termine en avril.

Augmenter les cotisations ou l’âge de départ à la retraite ?

Sans surprise, le patronat ne veut pas entendre parler d’une hausse des cotisations retraite, une solution proposée par les syndicats de salariés. A l’inverse le Medef (Mouvement des entreprises de France) prône un relèvement de l’âge de départ en retraite, de 61 à 62 ans, avec la réforme de l’AGFF (Association pour la gestion du fonds de financement). Ce mécanisme assure le financement des départs à 60 ans sans pénalité. En effet, l’âge de départ étant resté à 65 ans, l’organisme verse la retraite complémentaire dès 60 ans.

Bien entendu, cette piste reste taboue pour les représentants des salariés. D’autres examinent la fin de certains avantages des régimes. La CFDT (Confédération française démocratique du travail) propose de revoir les majorations, comme celle de 10% pour les mères de plus de trois enfants.
Les négociations s’annoncent musclées, d’autant qu’elles s’ouvrent la semaine du mouvement social de jeudi 29 janvier.