L’ex-PDG de PSA Philippe Varin percevra bien une retraite chapeau


 Alors que l'ancien patron du constructeur avait publiquement renoncé à sa retraite surcomplémentaire de 21 millions d'euros, le site Deintofi.com révèle qu'il touche finalement une pension supplémentaire de près de 300.000 euros par mois.  

Philippe Varin, l'ex-PDG de PSA Peugeot-Critroën

 

Contrairement à ce qu’il avait annoncé, Philippe Varin va toucher une retraite chapeau. Suite au tollé général, l’ancien PDG de PSA Peugeot-Citroën avait fini par renoncer le 27 novembre 2013 à sa retraite supplémentaire estimée à 21 millions d’euros. Or, comme l’a révélé le site sur la déontologie financière Deontofi.com, le document de référence 2014 du constructeur automobile publié fin mars 2015 mentionne que Philippe Varin bénéficie « d’une pension de retraite supplémentaire d’un montant annuel brut de 299.000 euros. »

L’ex-patron profite en effet du nouveau dispositif (moins généreux) de retraite chapeau en vigueur chez PSA. Instauré depuis le 1er janvier 2014, ce nouveau régime conditionne le versement d’une pension surcomplémentaire à une présence d’au moins 5 ans dans l’entreprise. Problème : lorsque Philippe Varin a été remplacé le 31 mars 2014 par Carlos Tavares, il ne justifiait pas d’une telle ancienneté.

Du coup, selon Deontofi.com, la direction lui a fait signer le 1er avril 2014 un nouveau contrat de travail pour une mission d’assistance à la mise en œuvre des accords conclus avec l’Etat et Dongfeng (le groupe chinois entré au capital de PSA) jusqu’au 1er juin 2014, qui lui a permis de justifier des 5 années exigées. Dans un communiqué diffusé le 6 mai 2014, PSA affirme que « Philippe Varin remplit toutes les conditions d’éligibilité [au nouveau régime de retraite chapeau] », tout en rappelant que ses éléments de rémunération « ont été soumis à l’avis consultatif des actionnaires en 2014 et en 2015 ».

 

A la fois « inacceptable » et « conforme »

 Lors du point presse organisé à l’issue du conseil des ministres du 6 mai, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll a jugé « inacceptable » la retraite supplémentaire de Philippe Varin. « Franchement, quelque part, ça me met un peu en colère », a-t-il ajouté.

 

De son côté, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron ne voit rien à redire. « La retraite aujourd’hui touchée par Philippe Varin est bien conforme aux engagements pris par celui-ci en 2014 et aux dispositions votées par l’assemblée générale de PSA la même année », estime le locataire de Bercy dans une déclaration écrite envoyée dans la soirée du 6 mars à l’AFP. Le projet de loi pour la croissance et l’activité, dont il est l’auteur, « met fin aux dérives des retraites chapeaux en conditionnant effectivement l’octroi des retraites à la performance de l’entreprise et en limitant le rythme d’accumulation des droits à 3% par an », souligne Emmanuel Macron.

 

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