« L’internaute est devenu acteur de sa retraite »


INTERVIEW – Le groupement d'intérêt public (GIP) Union Retraite, qui représente les 35 régimes français de retraite, prépare plusieurs projets high-tech. L'occasion de faire le point avec son directeur adjoint Philippe Retailleau sur la dématérialisation en marche des régimes.    

Philippe Retailleau, directeur adjoint du GIP Union Retraite

Toutsurmesfinances.com : Quand les services en ligne inter-régimes ont-ils été lancés ?
Philippe Retailleau, directeur adjoint du GIP Union Retraite : On peut dire que tout a démarré par le droit à l’information instauré par la loi Fillon de 2003. Jusque-là, rien n’était prévu en inter-régimes pour aider les assurés à savoir dans quels régimes de retraite ils cotisaient. Le droit à l’information a entraîné la mise en place de trois outils.

Il y a d’abord eu le site internet du GIP Info Retraite, devenu GIP Union Retraite, qui propose un panorama des 35 régimes français et des fiches sur leurs différentes règles de fonctionnement. A partir de 2006, le simulateur M@rel permet aux internautes d’avoir une idée de leurs futures retraites à partir de données déclaratives.

En 2007, un système d’information est mis en place permettant aux différentes caisses de communiquer entre elles. Grâce à cet outil, les assurés reçoivent, par courrier, à partir de l’âge de 35 ans puis tous les 5 ans un relevé individuel de situation (RIS) qui récapitule tous les trimestres et les points de retraite qu’ils ont acquis et à partir de 55 ans puis tous les 5 ans une estimation indicative globale (EIG) qui donne des montants potentiels de pension en fonction de plusieurs âges de départ.

Quelle a été l’étape suivante ?
Une fois le droit à l’information mis en place, on a cherché à l’améliorer, à l’optimiser au fur et à mesure, notamment en offrant des services en ligne. Le vrai saut technologique va intervenir en 2011 avec le RIS électronique. L’assuré peut désormais demander en ligne quand il veut un relevé de carrière. Il le reçoit sous format PDF quelques secondes plus tard. L’internaute devient alors acteur de sa retraite. Aujourd’hui, 30 régimes alimentent le RIS électronique, dont 25 qui le proposent, représentant une très large majorité de la population active. Presque 2 millions de demandes sont effectuées sur Internet chaque année.

Quels sont les outils high-tech récemment mis en place par Union Retraite ?
Depuis septembre, nous proposons sur notre site Mes régimes une application libre d’accès qui permet en entrant son nom, sa date de naissance et son numéro de Sécurité sociale de connaître tous les régimes auxquels on est affilié. Nous avons aussi mis en place un conseiller virtuel qui répond aux questions des internautes de manière interactive.

Quels sont vos projets ?
Avec les régimes, nous travaillons sur un EIG électronique ainsi que sur un simulateur de pension amélioré qui se base sur les données réelles recensées sur le RIS. Nous avons déjà mis au point une première version destinée aux 45 ans et plus. A partir de mars, nous allons lancer les « parcours Info Retraite ».

Contrairement au conseiller virtuel qui répond simplement aux questions de l’internaute, le parcours est un simulateur d’entretien. Chaque parcours correspondra à un type particulier d’assurés (entrepreneurs, jeunes…) qui obtiendront des réponses ciblées en répondant à des questions sur leur situation.

Mais le gros chantier que nous souhaitons mener, si la loi Fillon est adaptée, va concerner la dématérialisation des envois de RIS et d’EIG. En réduisant le nombre de courriers envoyés, cela pourra générer une économie potentielle de plusieurs millions d’euros par an.

Propos recueillis par Jean-Philippe Dubosc

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