La CSG au secours des retraites ?


Parmi les pistes pour résorber le déficit des régimes de retraite, le gouvernement réfléchirait à une augmentation générale de la contribution sociale généralisée. Une mesure qui cumulerait de nombreux avantages.

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C’est le « buzz » du moment : le gouvernement réfléchirait à une augmentation générale de la contribution sociale généralisée (CSG) pour financer les retraites. L’entourage de la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, admet que c’est l’une des nombreuses pistes étudiées pour résorber les 7,5 milliards d’euros de besoin de financement d’ici 2020 du régime général des salariés (Cnav) et des régimes affiliés (RSI, MSA salariés).

 

« Lorsque nous l’avons rencontré il y a quinze jours (dans le cadre des concertations sur la réforme des retraites, NDLR), Marisol Touraine a évoqué ce sujet, en s’empressant d’ajouter que les arbitrages n’étaient pour l’instant pas rendus », confirme Philippe Pihet, secrétaire confédéral FO chargé des retraites. « Ça cogite », constate Serge Lavagna, secrétaire national en charge de la protection sociale au sein de la CFE-CGC. Augmenter la CSG présenterait, il est vrai, de nombreux avantages.

 

Un fort rendement

D’abord, c’est un prélèvement qui rapporte beaucoup, même s’il est en partie déductible. Un point de CSG engendre 10 milliards d’euros de recettes aux caisses de la Sécurité sociale. Et pour cause : son assiette est très large puisqu’elle s’applique aussi bien aux salaires qu’aux pensions, aux indemnités chômage, mais aussi aux placements et mêmes aux revenus tirés des jeux ! Parfait pour l’exécutif qui ne cesse de répéter que « tout le monde doit faire des efforts » pour sauver les retraites.

Autre intérêt de la CSG : en tant que contribution sociale, elle n’est pas considérée comme un impôt. Ce qui arrangerait là aussi le gouvernement alors que François Hollande a laissé entendre qu’il n’y aurait pas de nouvelle hausse de la pression fiscale en 2014. Même grosse, la ficelle peut d’autant mieux passer que, comme la CSG est prélevée directement à la source, elle est quasi transparente pour les contribuables.

Enfin, une augmentation de la CSG permettrait de limiter, voire d’éviter une hausse des cotisations retraite susceptible de plomber un peu plus la compétitivité des entreprises françaises. « Je pense que le gouvernement va déboucher sur une solution mi chèvre, mi chou. Pour contenter son aile gauche, la majorité actuelle ne peut pas ne pas augmenter les cotisations patronales », estime Serge Lavagna de la CFE-CGC. « Une hausse de la CSG n’exclut pas une hausse des cotisations retraites », rappelle Patrick Poizat, secrétaire général adjoint confédéral à la CFTC, qui favorise un relèvement de la CSG limité aux revenus du capital.

 

Double peine pour les retraités ?

A la CFDT, on milite plutôt pour un transfert des cotisations familiales sur la CSG, ce qui donnerait des marges de manœuvre à une hausse des cotisations retraites sans alourdir les prélèvements sociaux des entreprises. La CGT, elle, s’oppose à toute augmentation de la CSG qui réduirait le pouvoir d’achat et par ricochet, estime-t-elle, la croissance. Se pose aussi la question des retraités. « Est-ce que cette augmentation viendrait s’ajouter à l’alignement du taux de 6,6% des pensionnés sur le taux de 7,5% des actifs ?, s’interroge Philippe Pihet. Si c’est le cas, les retraités subiront une double hausse de la CSG. »

 

Une perspective d’autant plus inacceptable pour les syndicats que ces derniers rappellent que les retraités sont assujettis, depuis le 1er avril 2013, à la contribution additionnelle de solidarité active (Casa), une taxe de 0,3% prélevée directement sur leurs pensions pour financer la perte d’autonomie. Sans oublier, également depuis le 1er avril, la désindexation des retraites complémentaires. Au final, un simple alignement de la CSG au taux plein des pensionnés sur celle des actifs semble plus probable qu’une hausse générale. Dans tous les cas, « on est dans la fiscalité, on n’est plus dans la réforme des retraites », juge Philippe Pihet de FO.

 

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