La réforme des retraites 2013 ne convainc pas les fonctionnaires


EXCLUSIF – Plus de 80% des agents de la fonction publique ne se déclarent pas rassurés par le projet de loi sur les retraites, d'après la 1ère édition de L'Observatoire des retraites publiques Préfon / Toutsurlaretraite.com.

les fonctionnaires et la reforme des retraites

 

Les agents de la fonction publique se révèlent très sceptiques vis à vis du projet de loi sur les retraites. Alors que l’examen du texte débute le 7 octobre 2013 à l’Assemblée nationale, plus de 8 fonctionnaires sur 10 (83,1%) ne pensent pas que les mesures prévues suffiront à résorber les déficits des régimes, selon les résultats exclusifs de la 1ère édition de L’Observatoire des retraites publiques Préfon / Toutsurlaretraite.com réalisée par le cabinet Ellipsa auprès de 2.424 agents en activité pour le compte de l’association Préfon et du site d’information indépendant Toutsurlaretraite.com.

 

A la question « Etes-vous rassuré par la réforme des retraites », 47,6% des 758 répondants disent « non » et 35,5% « plutôt non ». Seuls 0,9% répondent « oui » et 9,4% « plutôt oui ». « Il s’agit d’une vraie surprise. Je ne pensais pas que les fonctionnaires allaient exprimer un tel scepticisme alors même qu’ils sont moins touchés par la réforme des retraites qu’ils auraient pu le craindre », déclare Christian Carrega, le directeur général de Préfon, le distributeur du régime de retraite supplémentaire Préfon Retraite, réservé aux agents et ex-agents de la fonction publique.

 

Pas de mesures spécifiques

Certains, notamment dans les rangs de l’opposition, auraient souhaité que le mode de calcul des pensions des fonctionnaires basé sur les 6 derniers mois de traitement soit aligné sur celui des salariés du privé basé, lui, sur les 25 meilleures années de carrière. Le rapport sur l’avenir des retraites de la conseillère d’Etat Yannick Moreau, qui a servi de base de travail au gouvernement pour élaborer le projet de loi, conseille de calculer les retraites des agents publics sur les 10 dernières années, à condition toutefois d’y intégrer les primes (contrairement à aujourd’hui).

 

Bien avant la présentation du projet de loi, le gouvernement a annoncé qu’aucune refonte des modes de calcul des retraites publiques n’était prévue, les taux de remplacement (le ratio entre le dernier salaire et la pension perçue) étant similaires entre le public et le privé. Au final, aucune mesure spécifique aux fonctionnaires ne figure dans le texte. Comme les autres actifs, les agents sont touchés par la hausse des cotisations vieillesse et par l’allongement de la durée de cotisation instaurés par le projet de loi sur les retraites.

 

Prise de conscience des fonctionnaires

Sur ce dernier point, les fonctionnaires ne présentent pas de franche opposition. 38,5% se disent prêts à cotiser 43 ans, contre 53,7% qui s’y refusent (7,8% ne savent pas). « Une partie des fonctionnaires a compris que l’augmentation de l’espérance de vie implique de travailler plus longtemps », estime Christian Carrega. Une autre disposition du projet de loi semble encore plus consensuelle : la fiscalisation des majorations de retraite.

 

Ces bonus octroyés aux pères et mères ayant élevé au moins trois enfants sont jusqu’ici exonérés d’impôt. 45,1% sont favorables à ce que ces bonifications entrent dans les revenus à déclarer (43,5% opposés). « Les fonctionnaires sont conscients de la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour résorber les besoins de financement des régimes », analyse Christian Carrega. Compte tenu de la forte proportion de sans opinions (11,3% déclarent « je ne sais pas »), il n’est toutefois pas sûr que tous les fonctionnaires sachent vraiment de quoi il s’agit.

 

Opposition sur le gel des pensions

En revanche, on observe un net rejet du report du 1er avril au 1er octobre de la revalorisation annuelle des retraites de base. 58% des répondants ne sont pas favorables à un tel décalage qui va se traduire pas un gel des pensions durant 6 mois en 2014. 36,9% s’y opposent même franchement. Ils sont seulement 20,7% à être d’accord avec la mesure.

 

« Les Français sont très préoccupés par le niveau des retraites. C’est particulièrement vrai pour les fonctionnaires qui subissent un gel de l’indice de traitement depuis quatre ans. Ils sont prêts à faire des sacrifices pour sauver le système des retraites mais la question du pouvoir d’achat pour les petites retraites est prégnante », résume Christian Carrega. Il faut là aussi souligner l’important taux de sans opinions (21,2%). L’étude porte, il est vrai, uniquement sur des fonctionnaires en activité dont un certain nombre doit s’estimer pour l’instant peu concerné par le niveau des pensions.

 

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