La réforme des retraites à l’agenda de Jean-Marc Ayrault


Le Premier ministre consulte ce 13 mai 2013 les représentants des syndicats et du patronat, notamment sur les retraites. L'exercice sert de préambule à une réforme du système, dont les modalités envisagées sont loin de faire l'unanimité.

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Journée chargée pour Jean-Marc Ayrault. Ce 13 mai 2013, le Premier ministre rencontre un à un, à Matignon, les représentants des huit organisations patronales et syndicales dites « représentatives ». Objectif de ces entretiens qui ont démarré à 8h30 avec le Medef et vont s’achever avec un rendez-vous à 18h avec la CGT : sonder l’état d’esprit des partenaires sociaux sur plusieurs sujets de réforme dont celle sur les retraites avant l’organisation les 20 et 21 juin prochains de la deuxième conférence sociale.

Pour Jean-Marc Ayrault qui devrait faire une allocation autour de 19h, la synthèse va être difficile à réaliser tant les positions sur le sujet semblent disparates. La veille, le nouveau secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a prévenu dans le « Grand Jury » Europe 1/i>Télé/Le Parisien-Aujourd’hui en France que le gouvernement devait s’attendre à des « manifestations de grande ampleur » s’il modifiait les paramètres du système.

 

Grand écart, de FO au Medef

Au sujet d’un éventuel allongement de la durée de cotisation, « c’est non ! », a lancé, quant à lui, le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, sur Canal + avant de rencontrer Jean-Marc Ayrault à 12h30. « L’espérance de vie en bonne santé depuis le début de la crise a diminué d’un an en France, 62 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes. Et on va continuer à faire travailler plus longtemps. Ce n’est pas possible », a-t-il justifié.

De son côté, l’UPA (représentant les artisans) serait opposée à une désindexation des pensions au motif qu’une revalorisation inférieure à l’inflation entrainerait une baisse de la consommation des retraités. Une piste qui a pourtant été validée par les partenaires sociaux dans le cadre de l’accord du 13 mars 2013 destiné à réduire les déficits des retraites complémentaires Agirc et Arrco. Quant à Laurence Parisot, à sa sortie de sa rencontre avec Jean-Marc Ayrault, la présidente du Medef a souhaité « allonger la durée de cotisation à 43 ans d’ici 2020 » et « repousser l’âge légal de la retraite à au moins 65 ans à l’horizon 2040 ». Bref, le grand écart.

Prélude à la deuxième conférence sociale

Tout ce petit monde va devoir, pourtant, arriver à des points d’entente. Jean-Marc Ayrault va les convoquer le 22 mai 2013, mais cette fois-ci tous ensemble, à une « conférence de méthode » destinée à définir les ordres du jour de la deuxième conférence sociale. Mais c’est le chef du gouvernement qui a le plus à perdre dans cette histoire. Quoi que lui disent les syndicats et le patronat, il est contraint de réformer les retraites. François Hollande en a fait un des chantiers prioritaires de la deuxième année de son quinquennat. Surtout, la Commission européenne a consenti, le 3 mai 2013, à allouer deux années supplémentaires à la France pour ramener son déficit public sous les 3% à condition que Paris mène des réformes structurelles, dont celles des retraites.
Jean-Marc Ayrault est donc obligé de mener la septième réforme des retraites en 20 ans et la première sous un gouvernement de gauche. Des mauvaises langues disent que François Hollande n’a pas souhaité changer de Premier ministre pour que Jean-Marc Ayrault puisse servir de « fusible » en cas de fronde massive des syndicats et de l’opinion. Quand il était secrétaire général du PS, l’actuel président de la République n’avait-il pas déconseillé à Lionel Jospin, alors chef du gouvernement, de réformer la question ô combien explosive des retraites…

 

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