La Réforme des retraites de 2013 en 10 chiffres


Allongement de la durée de cotisation, gel des pensions, hausse des cotisations, compte pénibilité, rachat de trimestres... : les principales mesures de la réforme des retraites de l'équipe Ayrault en données chiffrées.

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7,6
C’est le montant en milliards d’euros du besoin de financement du régime général d’ici 2020. La réforme des retraites vise à résorber en grande partie ce déficit attendu grâce aux 7,3 milliards d’euros de recettes nouvelles générées par la hausse des cotisations, la fiscalisation des majorations de retraite, le report de la revalorisation annuelle des retraites de base et les économies de gestion demandées aux caisses.
A noter : d’après le Conseil d’orientation des retraites (COR), le « trou » en 2020 sera compris entre 20 et 22 milliards d’euros en intégrant les retraites publiques et les régimes complémentaires. Mais le gouvernement a estimé que les retraites complémentaires étaient du ressort des partenaires sociaux, gestionnaires des régimes Arrco (pour tous les salariés) et Agirc (pour les seuls cadres) et que les pensions publiques étaient prises en charge par l’Etat.

 

43
C’est le nombre d’annuités exigées à compter de 2035 pour prétendre à une retraite à taux plein (sans décote). La loi sur les retraites promulguée le 21 janvier 2014 instaure un allongement de la durée de cotisation à partir de 2020 et jusqu’en 2035, date à laquelle le « papy-boom » sera résorbé, au rythme d’un trimestre de cotisation supplémentaire tous les trois ans. Ce qui signifie que les générations nées à compter de 1973 devront cotiser 43 ans (172 trimestres) pour bénéficier d’une pension à taux plein.

 

0,60
C’est le niveau de hausse des cotisations prévue de 2014 à 2017. Cette augmentation étant supportée à parité entre les employeurs et les salariés, elle va s’élever pour ces derniers à 0,30 point sur quatre ans.
Les cotisations sociales vieillesse vont ainsi progresser de 0,15 point en 2014 et de 0,05 point de 2015 à 2017. La répartition sera différente pour les fonctionnaires : 0,06 point en 2014 et 0,08 point de 2015 à 2017.
Il faut souligner que cette hausse porte sur les cotisations « déplafonnées » (sur la totalité de la rémunération) et non sur la partie « plafonnée » (dans la limite du plafond annuel de la Sécurité sociale).

 

6
C’est le nombre de mois de gel de pension en 2014. La loi sur les retraites prévoit un report de la revalorisation annuelle des retraites de base du 1er avril au 1er octobre. Ce décalage entrant en vigueur dès l’an prochain, il va se traduire par une absence de revalorisation durant 6 mois.
Ce gel ne concerne pas les retraites complémentaires, l’ASPA (le remplaçant du minimum vieillesse), les pensions et rentes d’invalidité civiles et militaires. En revanche, les pensions de réversion des retraites de base sont touchées par le gel.

 

100
Ce sera le nombre de points maximum sur un compte personnel de prévention à la pénibilité. Un point équivaut à 1 trimestre d’exposition à un risque professionnel (travail de nuit, port de charges lourdes, températures élevées…). Les 20 premiers points devront être utilisés pour suivre une formation de reconversion professionnelle (sauf pour les salariés de 52 ans et plus). Les 80 points restants permettront d’accéder à une retraite progressive (un temps partiel payé comme un temps plein) ou à une retraite anticipée (dans la limite de 2 ans). Les points seront doublés pour les salariés âgés d’au moins 59,5 ans au 1er janvier 2015, date d’entrée en vigueur des comptes pénibilité.

 

150
Ce sera le nombre d’heures Smic nécessaires pour un temps partiel ou un emploi rémunéré moins de 1,5 fois le Smic  (2.168,07 euros bruts par mois en 2014) pour valider un trimestre de cotisation, au lieu de 200 heures Smic aujourd’hui.

 

75
C’est le pourcentage du Smic qui sera garanti aux retraités agricoles à compter de 2017.

 

1.000
C’est le montant en euros du rabais sur le rachat d’un trimestre au titre des années d’études supérieures (validées par un diplôme) proposée aux jeunes actifs. Cette aide de l’Etat sera limitée à 4 trimestres (4.000 euros).

 

62
C’est l’âge à partir duquel les personnes handicapées pourront bénéficier d’une retraite à taux plein même si elles ne justifient pas de tous les trimestres requis, à condition de présenter un taux d’incapacité permanente d’au moins 50%.

 

5
C’est le nombre de personnes qui vont siéger au conseil de surveillance des retraites. Ce comité de pilotage, composé de 4 experts (2 hommes et 2 femmes) nommés par décret et d’1 président désigné en conseil des ministres, permettra d’ajuster, sur le modèle suédois, le financement des régimes en fonction de l’évolution économique ou démographique.
Il publiera tous les ans, avant le 15 juillet, un avis dans lequel il dira s’il considère que le système de retraite s’éloigne, de façon significative, des objectifs définis et éventuellement quelles mesures il faudrait adopter. Le gouvernement ne sera pas obligé de suivre les conclusions de l’avis, qui sera rendu public.

 

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