« La retraite va devenir un sujet central de la présidentielle »

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INTERVIEW – Si le sujet des retraites n'a pratiquement pas été traité pendant la primaire de la droite et du centre, il devrait revenir en force durant la campagne présidentielle, selon Bruno Chrétien, président de l'Institut de la protection sociale (IPS), un « think tank » dédié à la protection sociale.

Bruno Chrétien, président de l'Institut de la protection sociale

 

Pourquoi la question des retraites a été si peu abordée lors de la primaire de la droite et du centre ?

Bruno Chrétien, président de l'IPS : C'est vrai que la question a été peu présente dans les débats. Les propositions des candidats à la primaire étaient, il faut le dire, très proches. Tous étaient d'accord sur l'idée de repousser l'âge de départ à la retraite à 64 ou 65 ans.

Et puis, je pense qu'aucun d'entre eux n'avait envie d'aborder des sujets qui fâchent vraiment. Dire aux Français qu'il leur faudra travailler plus longtemps pour équilibrer les régimes n'est pas franchement vendeur. Toutefois, si le problème du financement des retraites a été éclipsé durant la primaire, il va devenir central durant la campagne présidentielle.

Pour quelles raisons ?

Parce que la question des retraites est très « clivante ». Il existe de réelles différences sur le sujet entre la gauche et la droite. Les candidats auront donc tout intérêt à présenter leurs propositions en la matière pour se démarquer de leurs concurrents.

Il ne faut pas non plus oublier que le pouvoir d'achat des retraités a baissé ces dernières années sous l'effet de la hausse de la fiscalité et de l'absence de revalorisation des pensions. Or, comme on le sait, ce sont les personnes âgées qui votent le plus.

Que pensez-vous du programme de François Fillon sur les retraites ?

Il a promis un référendum sur la suppression des régimes dits « spéciaux » dès son arrivée au pouvoir. Ce sera intéressant de voir alors si le régime de retraite des parlementaires en fera partie. Si ce n'est pas le cas, la réforme risque de ne pas être acceptée par l'opinion publique.

Par ailleurs, si François Fillon arrive, comme il l'a promis, à ce que les retraites du secteur public soient calculées sur les 25 meilleures années de carrière comme celles du privé et non plus sur la moyenne des six derniers mois de traitement comme actuellement, cela constituerait une évolution majeure du statut de la fonction publique. La pension des fonctionnaires ne serait plus fixée en fin de carrière, mais en fonction d'une période donnée. Cela change tout.

Avez-compris les propositions de François Fillon en matière de retraite par capitalisation ?

Elles ne sont pas très claires en effet. Si j'ai bien compris, l'idée serait de fusionner les dispositifs d'épargne retraite existants. La difficulté va être que certains d'entre eux sont réservés à certaines catégories d'actifs et pas d'autres.

D'une manière générale, la faible part de la retraite par capitalisation en France n'est pas un problème d'offre. Les outils existent déjà que ce soit à travers le Perp (plan d'épargne retraite populaire, NDLR), le contrat de retraite Madelin (destiné aux travailleurs non-salariés, NDLR), le Perco (plan d'épargne retraite collectif, NDLR) ou l'article 83 (retraite supplémentaire d'entreprise à cotisations définies, NDLR).
Là où le bât blesse, c'est le manque de capitaux. Les entreprises abondent peu ces dispositifs, ils sont peu proposés dans les PME et de nombreux Français ne disposent pas d'une capacité d'épargne suffisante pour préparer leur retraite.

Propos recueillis par Jean-Philippe Dubosc

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