Le futur simulateur public de retraites retardé à 2021


Selon un rapport remis au gouvernement, l'outil de simulation des pensions sur Internet commun à tous les régimes, prévu dans la dernière réforme des retraites, sera lancé avec 7 ans de retard. La mise en place d'un « guichet unique » pour les futurs retraités est également jugé irréaliste.    

une veille devant son ordinateur

Retard à l’allumage pour le simulateur public de retraites. Cet outil, prévu dans la dernière réforme des retraites et qui vise à permettre aux Français de réaliser sur Internet une estimation fiable de leurs futures pensions, sera prêt au mieux dans 7 ans, selon un rapport remis au gouvernement diffusé le 23 octobre 2014. « A ce stade, la mise à disposition du public du produit définitif et exhaustif ne pourrait intervenir qu’à compter de 2021 alors que les textes prévoyaient la mise en ligne d’un simulateur pour 2014 », peut-on lire dans ce document de 63 pages rédigé par Jean-Luc Izard, le directeur du GIP Info retraite, le groupement d’intérêt public qui réunit les 35 régimes français de retraite.

En attendant, les assurés pourront toujours utiliser M@rel, le simulateur en ligne de GIP Info retraite. Problème : cet outil se base sur les données déclaratives et souvent incomplètes des internautes. Le simulateur public visait justement à corriger ce travers en s’appuyant sur les données des différents régimes de retraite pour aboutir à une estimation de la pension la plus réaliste possible. Il semble que les caisses rencontrent plus de difficultés que prévu à communiquer entre elles.

 

Les limites de M@rel

D’où le lancement tardif du simulateur public. « En l’absence d’autre projet, ne seront donc à disposition des assurés que le simulateur M@rel, qui présente le défaut de ne pas être connecté aux données carrière de l’assuré, ainsi que les simulateurs mis à disposition sur leurs sites par les différents régimes, qui présentent l’inconvénient de ne pas donner d’information tous régimes », regrette Jean-Luc Izard.

Autre chantier mal engagé selon l’ex-directeur de la Caisse de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires (CRPCEN) : le « guichet unique » également instauré par la loi du 20 janvier 2014 réformant les retraites. « La mise en place d’un accueil unique retraite semble aujourd’hui un objectif assez peu réaliste, du moins à court-moyen terme. L’architecture même du système, sa complexité […], la diversité des règles appliquées et les différences profondes de nature qui existent entre les différents systèmes ne permettent pas de considérer cet objectif comme crédible », estime-t-il.

Dans son rapport, l’administrateur civil pointe notamment le fait que certains régimes s’occupent à la fois de la retraite et de l’assurance maladie de leurs assurés. C’est le cas du Régime social des indépendants (RSI), de la Mutualité sociale agricole (MSA), de la Caisse de prévoyance et de retraite du personnel de la SNCF (CPRP-SNCF), de la Caisse d’assurance vieillesse, invalidité et maladie des cultes (Cavimac) et de la CRPCEN qui font également office de « Sécu » respectivement aux indépendants et professions libérales, aux salariés et non-salariés agricoles, aux cheminots, aux membres du clergé, aux clercs et employés de notaires.

 

Les pistes pour améliorer le service aux assurés

 

Dans son rapport, Jean-Luc Izard formule plusieurs préconisations en vue d’améliorer et de simplifier l’accès à l’information des Français vis-à-vis de leur retraite :
– Mise en place sur le site internet du futur groupement d’intérêt public qui va remplacer le GIP Info retraite d’un « conseiller virtuel » dédié aux jeunes actifs permettant de répondre aux premières questions sur la retraite.
– Développement d’une application mobile permettant aux assurés de disposer à tout moment de la liste des régimes auxquels ils ont cotisé et les points de contact.
– Création d’un répertoire commun des pièces justificatives évitant ainsi aux assurés de multiplier les mêmes documents à remettre aux différents régimes.