Le niveau de vie des retraités presque équivalent à celui des actifs


Le revenu disponible médian des pensionnés représente 93% de celui des actifs, révèle le Conseil d'orientation des retraites. Des écarts importants existent entre retraités.

une main tenant des pièces et des billets

 

Contrairement aux idées reçues, les retraités disposent en moyenne d’un pouvoir d’achat quasiment similaire à celui des actifs en France. C’est l’enseignement qui ressort de la réunion du Conseil d’orientation des retraites (COR) du 22 janvier 2014 consacrée au niveau de vie des retraités.
Selon cet organisme consultatif qui dépend du Premier ministre et qui s’est basé sur des données de l’Insee, le revenu médian disponible des pensionnés s’élevait à 1.563 euros par mois en 2011, contre 1.688 euros par mois pour les actifs. En d’autres termes, le niveau de vie des retraités représente 93% de celui des actifs.

 

Rattrapage depuis les années 70

L’effet patrimoine joue pleinement puisqu’en se limitant aux seuls revenus tirés des pensions, le ratio tombe à 85%. A l’inverse, si on prend en compte les emprunts immobiliers, le niveau de vie des retraités dépasse très légèrement (101%) celui des actifs, les premiers ayant pour la plupart finit de rembourser leur prêt.
Cette quasi-égalité de revenus ne date pas d’hier, souligne le COR. Le rattrapage a eu lieu entre les années 1970 et 1990. Durant cette période, « partant d’un niveau plus bas, le niveau de vie des retraités progressait alors plus vite que celui des actifs », observe le secrétariat général du Conseil.

 

Effet « Noria »

Les revenus des deux populations ont ensuite augmenté au même rythme. « Cette progression est fortement ralentie depuis 2008 : pour les retraités comme pour les actifs ou l’ensemble de la population, elle n’est plus que de +0,3 % par an entre 2008 et 2011, après avoir été de +1,6 % par an entre 1996 et 2008 », constate le COR. La faute, pour les actifs, à la crise économique qui se traduit par une modération salariale. Les retraités sont moins sensibles à la conjoncture mais pâtissent de la baisse des rendements des revenus du patrimoine.
En revanche, les pensionnés bénéficient de la hausse moyenne des retraites. Le phénomène découle de « l’effet Noria » qui voit les anciennes générations de retraités laisser progressivement la place à des générations plus récentes dont le niveau de pension est plus élevé. Plus diplômés, les nouveaux retraités ont perçu le plus souvent de meilleurs salaires durant leur carrière.
Par ailleurs, les personnes âgées figurent parmi les publics prioritaires des aides sociales. Ce qui explique pourquoi 9,3% des retraités étaient sous le seuil de pauvreté en 2011, contre 10,9% chez les actifs. Reste que les disparités de revenus se creusent au sein même des retraités. En 2009, le niveau de vie moyen des personnes âgées de 75 ans ou plus s’élève à 21.240 euros par an, soit 11% de moins que celui des personnes âgées de 65 à 74 ans.

 

Inégalités du patrimoine

Cette situation résulte, comme on l’a vu, des meilleures pensions perçues par les « jeunes » retraités mais aussi par la surreprésentation des personnes isolées chez les plus âgés. Or, « les personnes seules ont un niveau de vie plus faible, car elles ne bénéficient pas des économies d’échelle procurées par la vie en couple, et leurs pensions de retraite sont en général plus faibles en raison de la proportion élevée de femmes, notamment très âgées, qui ont moins cotisé pour leur retraite durant la vie active », explique le COR.
Enfin, les inégalités de revenus de patrimoine chez les retraités ont tendance à s’amplifier. De 1996 à 2009, la part des revenus du patrimoine dans le niveau de vie des 10% les plus aisés est passée de 25% à 47% chez les 65-74 ans et de 33% à 49% chez les 75 ans ou plus. La hausse des prix de l’immobilier explique en grande partie le phénomène. En toute logique, les écarts de revenus patrimoniaux observés chez les actifs se retrouvent chez les retraités.

 

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