Le patrimoine des retraités plus élevé que celui des actifs


D'après une étude à paraître le 8 juillet 2015, les ménages retraités disposaient en 2010 d'un patrimoine financier et immobilier en moyenne supérieur de 26% à celui des actifs.    

C'est surtout en matière de patrimoine financier que l'écart est le plus important entre retraités et actifs

En France, les retraités sont nettement plus « riches » que les actifs. En 2010, le patrimoine immobilier et financier s’élevait en moyenne à 252.000 euros pour les premiers, contre 199.700 euros pour les seconds, selon une étude du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui sera présentée le 8 juillet 2015 et qui se base sur des données réactualisées de l’Insee. Soit une différence de plus de 26%.

Et encore, il s’agit ici de patrimoine « brut » qui ne prend pas en compte l’endettement. « L’écart serait plus important en termes de patrimoine net, dans la mesure où les retraités sont moins endettés que le reste de la population », souligne le secrétariat général du COR.

 

« Gap » financier

Les retraités ayant disposé de davantage de temps et de ressources pour se constituer un patrimoine immobilier, celui-ci est logiquement plus élevé. Il se situe en moyenne à 181.000 euros au lieu de 158.000 euros pour les actifs. En réalité, c’est surtout au niveau financier que le fossé se creuse : alors que l’épargne des actifs atteint en moyenne 41.700 euros, celle des retraités grimpe à 71.000 euros. Ce qui signifie que le patrimoine financier moyen des pensionnés est supérieur de 70% à celui des non-retraités.

« Entre 2004 et 2010, le patrimoine brut total des ménages de retraités a progressé, en médiane, de 52% en euros courants, contre 43% pour les ménages d’actifs », observe le secrétariat général du COR. En d’autres termes, les retraités se sont davantage enrichis durant cette période que les actifs. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène.

Les riches « papy-boomers »

Non seulement les retraités bénéficient de la valorisation dans le temps de leurs biens immobiliers et de leurs actifs financiers mais ils perçoivent aussi proportionnellement plus de legs et d’héritages. Sans parler de la disparition du conjoint qui augmente mathématiquement le patrimoine du veuf ou de la veuve.

Surtout, l’augmentation du patrimoine des retraités résulte du renouvellement des générations. Les « baby-boomers » qui arrivent à la retraite ont profité des Trente Glorieuses. Ils n’ont pas ou peu connu de périodes de chômage. Leurs salaires ont progressé durant leur carrière. Grâce à la forte inflation, ils ont acquis des biens immobiliers à moindre coût. « Par contre, pour les générations plus jeunes, actuellement en activité, il est moins évident que le patrimoine progresse toujours au fil des générations », prévient le COR.

 

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