Les cotisations retraite « rapportent » de moins en moins


Alors qu'ils cotisent davantage que leurs aînés, les jeunes générations vont percevoir proportionnellement moins de prestations, selon un document du Conseil d'orientation des retraites publié le 15 avril 2015   

La rentabilité des cotisations vieillesse s'érode avec le temps

Au fil des années, cotiser à la retraite devient financièrement moins intéressant. Cette baisse de la rentabilité des cotisations vieillesse ressort dans un document réalisé par le secrétariat général du Conseil d’orientation des retraites (COR) rendu public le 15 avril 2015.

Le COR s’est basé sur le cas type des salariés non cadres du secteur privé. Compte tenu des hausses successives de cotisations dans le régime de base (Cnav) et dans le régime complémentaire (Arrco), leur taux cumulé augmente régulièrement, passant de 16,4% pour les salariés nés en 1932 à 28% pour ceux nés en 1990. Soit une différence de 11,6 points.

Un taux de remplacement en baisse

Problème : cette progression des cotisations ne se traduit pas par une hausse analogue des prestations. En s’appuyant toujours sur le cas type d’un salarié non cadre du privé, son taux de remplacement (le ratio entre sa première pension de retraite et son dernier salaire) atteint 75% s’il est né en 1940. En fonction des scénarios économiques, son taux de remplacement se situera de 70% à…. 54% s’il est né en 1990, d’après les calculs du COR. Soit un écart de 5 à 21 points !

Bref, les jeunes générations cotisent davantage que leurs aînés pour percevoir proportionnellement moins de retraite. Deux causes expliquent ce phénomène. Tout d’abord, depuis la réforme des retraites de 1993, les pensions du privé sont calculées non plus à partir des 10 meilleures années de carrière, mais des 25 meilleures années. Cet élargissement du périmètre n’est pas avantageux pour les actifs car il est plus difficile de justifier d’un salaire annuel élevé durant 25 ans que durant 10 ans.

Des pensions moyennes en hausse

Par ailleurs, le rendement des régimes complémentaires n’a cessé de s’éroder, passant en moyenne de 13% à 6%. Or, comme la Cour des comptes l’a souligné dans un récent rapport, les retraites complémentaires Arrco et Agirc représentent en moyenne 30% de la pension totale des non cadres et jusqu’à 60% de celle des cadres. Toutefois, en dépit de tous ces facteurs, les jeunes générations devraient percevoir en moyenne une retraite… plus élevée par rapport aux générations précédentes.

Le COR, dans un autre rapport, estime que le montant moyen des pensions devrait croître de 0,8% par an entre 2011 et 2020. La baisse de la rentabilité est largement compensée par l’augmentation moyenne des salaires consécutive à la hausse des qualifications, du travail féminin et au développement du statut cadre. « Au final, la pension moyenne relative augmente au fil des générations », observe le document du COR du 15 avril.

 

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