Les dépenses de retraite ont accéléré après 2003


La progression des prestations vieillesse a repris un rythme soutenu de 2003 à 2014 alors même que des réformes ont durci les règles des régimes de retraite, montre une étude du ministère des Affaires sociales publiée le 10 février 2016.    

Grâce à l'augmentation de leur taux d'activité, les femmes bénéficient en moyenne de retraites plus éelvées qu'auparavant

En dépit des différentes réformes des retraites, les dépenses de vieillesse ne décélèrent pas. Voilà l’un des enseignements de l’étude rendue publique le 10 février 2016 par la direction de la recherche et des statistiques du ministère des Affaires sociales, consacrée à l’évolution des prestations sociales de 1981 à 2014.

Il en ressort que les prestations vieillesse ont augmenté en moyenne de 3,7% par an entre 1981 et 1992 à la suite de l’abaissement de l’âge légal de départ à la retraite de 65 à 60 ans. Face à cette envolée des dépenses, plusieurs réformes ont été mises en place. Grâce à la loi Balladur de 1993, qui a profondément remanié les retraites du secteur privé (durée d’assurance portée de 150 à 160 trimestres, salaire de référence calculé sur les 25 meilleures années de carrière au lieu des 10 meilleures, indexation des pensions sur l’inflation et non plus sur les salaires), la progression a été limitée à 2,4% en moyenne par an entre 1993 et 2003.

Essor des retraites anticipées

L’accalmie a été de courte durée puisque les dépenses ont cru en moyenne de 2,9% par an entre 2003 et 2014, selon l’étude du ministère des Affaires sociales. Ce dynamisme peut surprendre alors que durant cette période pas moins de trois réformes d’envergure ont été instaurées : la loi Fillon de 2003, la réforme des régimes spéciaux de 2008 et la loi Woerth de 2010. On ne retiendra pas la loi Touraine qui a été promulguée le 20 janvier 2014 et dont les effets se feront réellement sentir à compter de 2020.

En réalité, plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des dépenses de retraites. Tout d’abord, le recul de l’âge de départ et l’allongement de la durée de cotisation mis en place par les réformes successives ont été en partie contrebalancés par l’instauration en 2004 de la retraite anticipée pour carrière longue. Ce dispositif permet aux actifs qui ont commencé à travailler jeune et qui disposent de tous leurs trimestres de partir plus tôt à la retraite.

L’effet « papy-boom »

Surtout, les années 2000 voient arriver les premiers départs massifs à la retraite des « baby-boomers », cette génération née après la Seconde guerre mondiale un tiers plus nombreuse que les autres classes d’âge. L’augmentation de l’espérance de vie vient également aggraver le phénomène.

Enfin, si les dépenses de retraite ne cessent de progresser, c’est parce que, contrairement aux idées reçues, le montant moyen des pensions augmente d’année en année. Non seulement la hausse des qualifications se traduit par des salaires plus élevés, mais la croissance du taux d’activité chez les femmes permet aux retraitées de bénéficier de pensions plus conséquentes.

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