Les générations 1951 à 1957 épargnées par l’allongement de la durée de cotisation mais…


Ils ont été touchés par la réforme Woerth-Sarkozy de 2010 mais devraient être épargnés par la nouvelle loi. Les salariés nés entre 1951 et 1960 devraient éviter l'augmentation de la durée de cotisation prévue par la réforme des retraites Ayrault dont les effets débuteront en 2020.

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Un rallongement de la durée de cotisation à partir de 2020. C’est l’une des principales mesures rendues publiques par Jean-Marc Ayrault le 27 août 2013, avec la hausse des cotisations sociales et la création d’un compte pénibilité. En conséquence, ce sont les personnes nées à partir de 1958 qui sont les premières impactées par cette nouvelle réforme : cette génération devra justifier l’obtention de 167 trimestres (41,75 ans) pour bénéficier d’une retraite à taux plein (sans décote). Les générations précédentes, celles touchées au premier chef par la réforme de 2010, vont donc être épargnées, comme l’a annoncé le Premier ministre. « Je veux rassurer tout de suite les personnes qui vont partir à la retraite d’ici 2020. Le gouvernement ne propose pas un changement des règles. Un nouveau report de l’âge de départ à la retraite ou une accélération de l’augmentation de la durée de cotisations ne produirait d’ailleurs que des économies modestes. […] Ainsi l’augmentation de la durée de cotisation se fera comme prévu par la loi jusqu’en 2020. »

Un trimestre de plus avant 2020 ?

Autrement dit, les générations 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956 et 1957 ne sont pas épargnées par l’allongement de la durée de cotisations qui résulte de la réforme de 2003. « La réforme ne change pas le calendrier de hausse de la durée avant 2020 », indique Matignon. Ce relèvement automatique résulte de l’augmentation de l’espérance de vie calculée par l’Insee. Actuellement, la durée d’assurance est fixée à 166 trimestres, soit 41,5 ans, pour les générations 1955 et 1956. D’après les dernières projections disponibles mentionnées par le rapport Moreau sur les retraites et en application de la loi Fillon, cette durée devrait être portée à 167 trimestres, soit 41,75 ans de carrière… d’ici 2020.

Parallèlement, les modalités de la réforme de 2010 continuent de s’appliquer sans remise en cause, en dehors du retour partiel de l’âge de la retraite à 60 ans pour les personnes qui ont travaillé tôt, voulu par François Hollande dès son élection en mai 2012. La précédente réforme intervenue en 2010 a principalement modifié deux paramètres : l’âge légal de départ à la retraite a été relevé à 62 ans et celui de l’obtention automatique du taux plein à 67 ans.

Prolongement de la loi de 2003

La nouvelle réforme qui sera étudiée à l’Assemblée nationale à partir du 7 octobre 2013 ne modifiera pas les conditions d’âge de départ, pour aucune génération. Le Premier ministre a choisi d’agir principalement sur la durée de cotisation qui devait arrêter d’augmenter après 2020 selon la loi Fillon. Ainsi la nouvelle réforme prévoit de poursuivre l’augmentation progressive de la durée de cotisation pour les personnes nées entre 1958 et 1973. La durée de cotisation pour une retraite à taux plein augmentera au rythme d’un trimestre tous les trois ans pour atteindre 43 années complètes de travail en 2035 (personnes nées en 1973). A ce stade, Matignon assure que pour les personnes des générations suivantes (1974, 1975, 1976 et ultérieures), cette durée ne bougera plus.

 

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