Les pensions de retraités vont augmenter plus que les revenus des actifs


Selon le Conseil d'orientation des retraite, d'ici 2020, la progression des pensions sera supérieure à celle des rémunérations perçues par les actifs. Ce qui devrait permettre aux premiers de se rapprocher du niveau de vie des seconds.

retraite, pensions, revenus, actifs, retraites

Dans les huit prochaines années, les retraités vont connaître une hausse de leur pension supérieure à celle des rémunérations perçues par les actifs. C’est l’un des enseignements détonnants du 11ème rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), rendu public le 19 décembre.
Selon les projections de ce conseil réunissant une quarantaine de membres (parlementaires, syndicalistes, patrons, experts, …), la pension moyenne au régime général (de base et complémentaires) de droit direct des nouveaux retraités va augmenter de 0,8% d’ici à 2020, tandis que les revenus d’activités vont progresser de « seulement » 0,7% dans le même temps. Ce surprenant décalage résulte de deux phénomènes.

L’« effet noria »

Tout d’abord la progression des pensions au fil des générations, également désignée sous l’expression d’« effet noria ». En clair : la pension des nouveaux retraités, grâce à des salaires plus élevés et à une amélioration des régimes de retraite, est supérieure à celle des retraités qui décèdent. Parallèlement, la crise économique pèse sur les revenus des actifs dont le rythme de progression des salaires ralentit.
Cette modération salariale va d’ailleurs se traduire par une moindre augmentation… des futures pensions. Toujours d’après le rapport du COR, la hausse des pensions sera comprise, selon les scénarios retenus, entre + 0,5% et + 0,7% entre 2020 et 2030. Puis, sous l’effet de la reprise économique, l’augmentation des pensions devrait être de nouveau plus dynamique et se calquer en 2060 sur celle de la productivité (soit une hausse de 0,9% à 1,6%).

Des bémols

Reste que ces prévisions ont été établies en partant du principe que les rendements des régimes complémentaires Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour tous les salariés) n’évoluent pas. Sous l’hypothèse de rendements décroissants des retraites complémentaires, la progression des pensions serait alors comprise entre + 0,7% et + 1,2% seulement.
Il est également à noter que la hausse des retraites des agents de la fonction publique est inférieure (de l’ordre de 0,5% entre 2011 et 2020). Les pensions dans le secteur public étant calculées sur les six derniers mois de salaire et non sur les 25 meilleures années comme dans le privé, les fonctionnaires partant à la retraite subissent en effet immédiatement les contrecoups de la modération salariale.
Autre bémol important : l’évolution du niveau des retraites ne constitue qu’une des composantes de l’évolution du niveau de vie des retraités. Les simulations du COR ne tiennent ainsi pas compte des revenus du patrimoine. « L’évolution future du niveau de vie des retraités dépendra aussi de l’accumulation patrimoniale des générations successives, des rendements de l’épargne et de la fiscalité du patrimoine », rappellent les auteurs du rapport qui soulignent, au passage, que « le niveau de vie moyen des retraités apparaît aujourd’hui proche de celui des actifs, une fois les revenus du patrimoine pris en compte ».

Vers un alignement fiscal actifs/retraités ?

Une remarque qui donne du grain à moudre aux partisans d’un alignement de la fiscalité des retraités sur celle des actifs. « L’une des clés de la réduction du déficit du système de retraite serait à chercher du côté des retraités », juge ainsi Alain Hernandez, le président de l’Union mutualiste retraite (UMR), gestionnaire du Corem.
« Un effort particulier peut être demandé à une partie d’entre eux puisque les retraités détiennent 70% du patrimoine en France. Un rééquilibrage serait d’autant plus normal que ce sont les « baby-boomers » qui ont le plus profité des Trente Glorieuses : ils sont rares à avoir connu des périodes de chômage, ils partent généralement avec un taux plein de cotisation et ont pu facilement accéder à la propriété grâce à l’inflation. On pourrait ainsi imaginer un alignement de la CSG (contribution sociale généralisée, NDLR) supportée par les retraités sur celle des actifs », déclare-t-il à Toutsurlaretraite.com.

 

Sur le même thème, consultez l’article : « Il faut s’atteler dès maintenant à la réforme systémique des retraites »