Les propositions chocs de l’OCDE pour les retraites en France


Dans un rapport diffusé le 1er décembre 2015, l'organisation des pays développés estime qu'en dépit des réformes instaurées, la viabilité du système français des retraites n'est pas assurée. Elle préconise un report de l'âge de départ et la mise en place d'un régime unique.    

Le château de la Muette, le siège de l'OCDE à Paris

Pour l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France n’a pas d’autre choix que de devoir réformer profondément son système de retraite. Cette conclusion est tirée de la 6ème édition du « Panorama des pensions » rendue publique le 1er décembre 2015 par le club des 34 pays les plus développés.

Ce qui n’empêche pas l’institution du château de la Muette de reconnaître les efforts de Paris. « La France se réforme presque trop en matière de retraites. Le problème, c’est que les mesures ne vont pas assez loin », a regretté Hervé Boulhol, économiste et spécialiste des retraites au sein de l’OCDE, lors d’une conférence présentant en avant-première les résultats de l’étude organisée le 30 novembre par l’Association des journalistes économiques et financiers (Ajef).

Prévisions trop optimistes

L’organisation pointe les chiffres jugés trop optimistes du Conseil d’orientation des retraites (COR) qui servent de base de travail aux projets de loi. « La viabilité du système français des retraites n’est pas assurée car basée sur des hypothèses d’emploi peu réalistes », assène Hervé Boulhol. Le COR fonde ses prévisions de déficit des régimes à partir de taux de chômage de 4,5% ou de 7%. Des seuils qui semblent inatteignables à court et moyen termes aux yeux de l’OCDE.

Autre écueil : le problème de financement des régimes se pose d’autant plus que l’Hexagone présente la durée passée à la retraite la plus longue de l’OCDE (27,2 ans, contre 22,3 ans en moyenne dans les 34 pays). Et pour cause : l’âge légal de départ à la retraite figure parmi les plus faibles de l’OCDE (62 ans, contre 64 ans en moyenne) alors que les gains d’espérance de vie y sont parmi les plus importants.

Suppression des avantages des retraités

D’où la nécessité de réformer le système français pour assurer son existence au-delà de 2050. L’organisation préconise un recul de l’âge minimum de départ mais se refuse à fixer une borne. Elle sait que le sujet, notamment en France, est éminemment sensible, l’opinion publique étant majoritairement défavorable à un report. L’OCDE reconnaît, en outre, que l’allongement de la durée de cotisation instauré par les différentes réformes, dont celle de 2014, va obliger les actifs à travailler plus longtemps.

Par ailleurs, l’organisation appelle à la mise en place d’un régime universel de retraites en France. La multiplicité des régimes crée, selon elle, des inégalités et freine la mobilité professionnelle. Consciente qu’une fusion des régimes serait également très impopulaire, notamment chez les affiliés des régimes spéciaux, l’OCDE propose une convergence progressive des règles.

Enfin, l’institution préconise une batterie d’économies qui porterait essentiellement sur les retraités. Elle milite notamment pour la suppression des majorations familiales accordées aux parents d’au moins trois enfants et de l’abattement fiscal de 10% pour frais professionnels dont bénéficient également les pensionnés, ainsi que pour un alignement des taux de cotisation maladie et de CSG des retraités sur ceux des actifs.

 

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