Les retraités perçoivent en moyenne 1.256 euros par mois


La pension des retraités français a progressé de 5% en cinq ans grâce à l'arrivée de nouveaux retraités aux carrières complètes et aux niveaux de salaire plus élevés que les générations précédentes. Les écarts demeurent, toutefois, importants entre les sexes et les régimes.

retraite, pension

 

Les pensions de retraite progressent grâce à l’arrivée des nouveaux retraités. Entre 2006 et 20011, elles ont augmenté de 5% en euros constants, selon une enquête du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Cette hausse résulte certes des revalorisations annuelles des retraites de base et complémentaires, mais aussi du renouvellement de la population des pensionnés. « Les nouveaux retraités, aux carrières généralement plus favorables, disposent en moyenne de pensions plus élevées que les retraités, plus âgés, récemment décédés », observent les auteurs de l’étude. C’est ce que l’on appelle l’« effet noria ».

Au final, la pension moyenne des retraités français (tous régimes et situation confondus) s’élève à 1.256 euros bruts par mois. Toutefois, il existe une nette différence entre les hommes et les femmes, les premiers percevant 1.603 euros bruts par mois tandis que les secondes touchent 932 euros bruts par mois. Reste que l’écart tend à se réduire puisque la pension moyenne mensuelle des femmes représentait 58,1% de celle des hommes en 2011, contre 54,9 % en 2005.

8% de moins pour les polypensionnés

L’augmentation continue depuis l’après-guerre du taux d’activité (et donc de la constitution de droits à la retraite) dans la population féminine explique ce phénomène. « Leurs niveaux de qualification sont également plus élevés au fil des générations et favorisent un rapprochement progressif de leurs rémunérations de celles des hommes », peut-on lire dans l’étude. Sans oublier l’instauration depuis 1972 de l’assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) qui permet aux femmes qui restent à la maison pour élever leurs enfants de bénéficier, dans certains cas, de trimestres de cotisation.

Les polypensionnés sont également pénalisés. Dans le cas où un retraité justifie de tous ses trimestres de cotisations, il percevra en moyenne une pension 8% moins élevée s’il a cotisé à plusieurs régimes par rapport à celui qui aura cotisé à une seule caisse. La retraite à taux plein d’un polypensionné atteint ainsi 1.635 euros bruts par mois, contre 1.717 euros bruts par mois pour un unipensionné. La combinaison de différents modes de calcul de caisses se fait, il est vrai, le plus souvent au désavantage du retraité.

 

Plus de 2.000 euros par mois pour les fonctionnaires d’Etat

Cette différence dans les règles de calcul de la pension est particulièrement perceptible lorsque l’on compare les retraites du secteur public et celles du secteur privé. Les premières sont en effet calculées sur les six derniers mois de rémunération tandis que les secondes sont fixées à partir de l’assiette plus large et donc généralement moins avantageuse des 25 meilleures années de carrière. Alors qu’un salarié au régime général perçoit en moyenne 1.114 euros bruts par mois à la retraite, la pension moyenne d’un agent de la fonction publique territoriale ou hospitalière s’élève à 1.299 euros bruts par mois, 1.624 euros bruts par mois pour un militaire, 1.749 euros par mois pour un affilié à un régime dit « spécial » (EDF, SNCF, RATP, Banque de France…) et jusqu’à 2.127 euros pour un fonctionnaire d’Etat !

Le gouvernement est conscient de ces différences de traitement. « Le secteur public fera évidemment partie de la réforme des retraites », a déclaré, le 23 mai 2013, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine. Un alignement des modes de calcul du public sur le privé pourrait être proposé dans le rapport de la commission pour l’avenir des retraites qui devrait être remis le 10 juin prochain au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

Parmi les autres pistes de réformes que ce groupe de dix experts, présidé par Yannick Moreau, l’ex-présidente du Conseil d’orientation des retraites (COR), devrait proposer, pourraient également figurer des systèmes de bonification de cotisation pour les femmes et pour les polypensionnés afin, là aussi, de réduire les écarts de pension.

 

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