Les salariés repoussent (déjà) leur départ à la retraite


Selon une étude du ministère des Affaires sociales publiée le 2 novembre 2015, les nouveaux retraités préfèrent liquider leurs droits plus tard et percevoir une pension pleine.    

Les nouveaux retraités les plus modestes partent en moyenne à 62,5 ans

Les salariés n’ont pas attendu le dernier accord Agirc-Arrco pour prendre leur retraite plus tard. Alors que les nouvelles règles sur les retraites complémentaires vont inciter les cadres et non cadres à décaler d’un an leur départ, une étude du ministère des Affaires sociales publiée le 2 novembre 2015 montre que l’âge n’est déjà plus prioritaire.

L’enquête porte sur les anciens salariés qui ont liquidé leurs droits à la retraite entre juillet 2012 et juin 2013. Lorsqu’on les interroge sur les motivations de leur départ, 76% citent en premier l’atteinte du taux plein. Ainsi, plutôt que de partir à l’âge légal, les sondés préfèrent disposer du nombre de trimestres de cotisation demandé dans leur génération pour bénéficier d’une pension sans décote.

 

Eviter la décote

Le pourcentage atteint même 83% chez les 25% de nouveaux retraités percevant les pensions les plus basses. Normal : sachant que leurs retraites allaient être peu élevées, ils ont préféré partir plus tard et ne pas subir de minoration. Ainsi, ils ont quitté la vie active en moyenne à 62,5 ans alors que « cet âge moyen n’est que de 61 ans pour les trois autres quartiles », souligne l’auteur de l’étude.

Si les retraités modestes partent plus tard, cela ne signifie pas pour autant qu’ils travaillent plus longtemps. « Les retraités percevant les pensions les plus faibles sont beaucoup plus souvent au chômage ou en inactivité. En effet, il est fréquent qu’ils attendent 65 ans afin d’avoir le taux plein, et ce, en étant absents du marché du travail », observe l’auteur.