Les veufs et veuves également touchés par l’accord Agirc-Arrco


L'accord du 30 octobre 2015 sur les retraites complémentaires n'est pas sans conséquences pour les conjoints survivants de salariés. Cela aurait pu être pire si la réforme de la pension complémentaire de réversion poussée par le Medef avait été adoptée.    

Les pensions complémentaires de réversion vont être gélées durant 7 mois en 2016

L’accord du 30 octobre 2015 sur les retraites complémentaires du privé n’entraîne pas seulement des sacrifices pour les salariés et pour les retraités. Les veufs et veuves sont également impactés par ce document qui prévoit 6,1 milliards d’euros d’économies d’ici 2020.

Sous-indexation de la réversion

A l’image des retraites Arrco (versées aux non cadres et aux cadres) et Agirc (servies aux seuls cadres), la revalorisation annuelle des pensions complémentaires de réversion, octroyées aux conjoints survivants, va être repoussée du 1er avril au 1er novembre. Cette mesure entrant en vigueur dès 2016, elle va se traduire par un gel de la réversion de sept mois et par ricochet, une perte de pouvoir d’achat pour les veufs et veuves.

En outre, ces derniers vont, comme les retraités de leur vivant, subir une sous-indexation durant trois ans. La revalorisation des pensions complémentaires de réversion va être inférieure de 1 point à l’inflation en 2016, 2017 et 2018. Une garantie dite « plancher » interdit toutefois toute indexation négative qui provoquerait une baisse du montant des pensions Arrco et Agirc, y compris de réversion. Il n’empêche, la moindre revalorisation va également peser sur le porte-monnaie des veufs et veuves de salariés.

Malus indirect

Enfin, l’abattement instauré par l’accord du 30 octobre 2015 va aussi avoir une incidence sur les conjoints survivants de cadres et non cadres. Le texte prévoit la mise en place d’une minoration de 10% pendant trois ans des pensions complémentaires pour les salariés nés à partir de 1957 et qui liquident leurs droits à compter de 2019 en disposant de tous leurs trimestres au régime de base. Si le retraité décède dans les trois ans suivant son départ à la retraite, le malus se répercute sur la réversion qui représente 60% du montant de la pension Arrco et de la pension Agirc.

Les veufs et veuves peuvent toujours se consoler en se disant qu’ils auraient pu connaître pire. Le premier document de travail du Medef proposait de repousser l’âge d’accès à la réversion à l’Arrco de 55 à 60 ans comme c’est déjà le cas à l’Agirc, d’abaisser le taux de réversion à 55% et de prendre en compte la durée de mariage. Face au tollé des syndicats, et notamment de la CFTC, l’organisation patronale a préféré abandonner son projet.

 

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