Logement : les pistes pour favoriser l’autonomie des personnes âgées


Dans leur rapport remis à la ministre du Logement et à la ministre déléguée aux Personnes âgées, la Cnav et l'Anah se sont penchées sur la question de l'adaptation de l'habitat aux plus de 65 ans et ont dégagé plusieurs axes d'amélioration concernant l'accès à l'information et l'uniformisation des politiques d'aide.

Immeuble

Adapter le parc de logements existants au vieillissement de la population est un défi majeur pour notre société. A l’heure actuelle, seulement 6% des logements conviennent aux plus de 65 ans, selon le rapport sur l’adaptation des logements pour l’autonomie des personnes âgées remis par la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) et l’Association nationale de l’habitat (Anah) à la ministre du Logement Cécile Duflot et la ministre déléguée aux Personnes âgées et à l’autonomie Michèle Delaunay. A titre de comparaison, 16% des logements sont adaptés aux seniors aux Pays Bas, 12% au Danemark et 7,9% en Allemagne.

 

Des aides multiples et inégales

Le rapport de la Cnav et de l’Anah a donc pour objectif d’établir un diagnostic de la situation du logement pour les plus âgés et de préconiser des solutions pour l’améliorer. Outre le trop faible pourcentage de logement adapté évoqué plus haut, les principaux enseignements tirés de l’étude de situation sont un manque de lisibilité en matière d’aides à l’adaptation de logements pour les plus anciens et une trop grande disparité des politiques d’aide à l’adaptation.

Le manque de lisibilité est en grande partie dû à la multiplicité des acteurs impliqués dans l’attribution de ces aides : l’Anah, les caisses de retraite ou encore les départements (via l’allocation personnelle d’autonomie, l’APA). De plus, les aides ne sont forcément pas les mêmes en fonction des acteurs impliqués, ce qui créé une inégalité de traitement.

L’Anah et la Cnav préconisent d’agir directement sur cet accès à l’information en termes d’aide à l’adaptation. Le rapport propose d’améliorer la lisibilité des critères de ressources, afin que les personnes concernées sachent rapidement si elles ont droit à une aide ou non. Il faudrait également agir pour une prise de conscience chez les personnes âgées de la nécessité d’adapter leur logement afin de conserver leur autonomie le plus longtemps possible. Autrement dit, lutter contre le « déni du vieillissement chez les personnes retraitées, qui explique en partie le faible recours aux aides ».

Un interlocuteur unique pour plus d’efficacité

Une autre solution proposée est celle d’une fiche de synthèse commune où chaque entité apporterait son diagnostic : l’autonomie des personnes âgées pour la Cnav et le logement pour l’Anah. En y ajoutant le travail d’un ergothérapeute*, cela permettrait de déterminer quels travaux sont nécessaires dans les logements des personnes âgées.

Le rapport conseille également de mettre en place un interlocuteur unique, au lieu d’un interlocuteur pour la Cnav et un autre pour l’Anah comme c’est le cas actuellement. Cette solution créerait un gain en termes d’efficacité pour aider les personnes âgées à adapter leur habitation à leurs besoins.

On ne sait pas encore quelles mesures préconisées par le rapport seront utilisées par la ministre déléguée aux Personnes âgées dans sa loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement, dont le vote est prévu à la fin de l’année 2014, mais ce rapport servira de base de travail pour le gouvernement pour sa loi sur la dépendance.

 

* Professionnel de la santé spécialisé dans la préservation de l’autonomie

 

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