Menaces sur le montant des retraites complémentaires


Dans le cadre des négociations sur l'Agirc et l'Arrco qui ont démarré le 17 février, le patronat a proposé la mise en place d'un abattement sur les pensions complémentaires avant 67 ans pour les futurs retraités. Les pensionnés actuels participeraient, eux aussi, à l'effort.

retraite-complementaires-agirc-arrco-table

 

Le montant des retraites complémentaires pourrait sensiblement baisser pour de nombreux Français dans les années à venir. Lors de la première journée de négociations sur les régimes complémentaires Arrco (salariés) et Agirc (cadres) organisées le 17 février 2015, le Medef a proposé que soit mis en place un système d’abattement dégressif entre l’âge légal de départ à la retraite (62 ans) et l’âge d’annulation de la décote (67 ans).

« Il n’est pas question de modifier les bornes d’âge mais d’inciter les salariés à travailler plus longtemps », a expliqué Claude Tendil, le nouveau « Monsieur retraite » du Medef. En d’autres termes, les cadres et non cadres ne seraient pas obligés de continuer à travailler (et donc à cotiser) jusqu’à 67 ans. Ils auraient toujours la possibilité de partir à la retraite plus tôt mais ils subiraient alors une minoration du montant de leurs pensions complémentaires.

Claude Tendil s’est bien gardé de dire quels seraient les différents taux de décote appliqués. Trois autres journées de négociation (avec une option sur une quatrième) sont d’ores et déjà prévues pour entrer dans le détail. L’objectif est que les partenaires sociaux, gestionnaires de l’Agirc et de l’Arrco, signent un accord en juin. Si la proposition du Medef était retenue, elle serait mise en place seulement à compter de la génération née en 1957 qui partira à la retraite à partir de 2019. « Il faut une application progressive. Sinon, le risque est que les actifs proches de la retraite partent plus tôt pour ne pas subir d’abattement », estime Claude Tendil.

Sous-indexation et gel

Les syndicats rappellent, eux, que 60% des salariés ne sont plus en situation de travail lorsqu’ils liquident leurs retraites soit parce qu’ils sont au chômage, soit parce qu’ils sont titulaires de l’Allocation spécifique de solidarité (ASS) ou qu’ils sont en invalidité. Pour ce public, l’instauration d’un abattement dégressif avant 67 ans se traduirait automatiquement par une minoration de leurs pensions complémentaires.

Reste que les retraités actuels pourraient également être sollicités pour résorber une partie des 7 milliards d’euros de déficit cumulé de l’Agirc et de l’Arrco attendu en 2020. Il est quasiment acquis que la sous-indexation des pensions complémentaires instaurée en 2013, 2014 et 2015 sera prolongée en 2016. Si cette revalorisation en deçà de l’inflation ne se traduit pas par une baisse faciale des retraites complémentaires, elle érode le pouvoir d’achat des retraités.

Le Medef évoque même la possibilité d’un gel temporaire des pensions complémentaires pendant quelques années. L’organisation patronale propose également de baisser le taux de réversion. A l’Arrco et à l’Agirc, la pension de réversion versée au conjoint survivant représente 60% de celle du défunt. Ce taux serait abaissé à 40%. Sauf pour les retraités qui auront accepté une décote sur leur pension. Dans ce cas, leur veuf ou veuve continuerait à percevoir 60% de leurs pensions complémentaires.

 

A lire également : 

– « Pour sauver l’Agirc, on pourrait limiter le nombre de cotisants au régime des cadres »

Des propositions choc pour sauver les retraites complémentaires