Pas de revalorisation des « petites retraites » au 1er octobre 2014


D'après la CGT et la CFDT, les retraites de base des Français touchant moins de 1.200 euros par mois de pensions totales ne seront pas revalorisées le 1er octobre prochain.    

deux vieux sur un banc

Les retraités modestes ne vont finalement pas voir, comme prévu, leurs pensions de base augmenter au 1er octobre 2014. Lors d’un conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) organisé le 3 septembre 2014, la direction de la Cnav et des représentants du gouvernement ont déclaré qu’il n’y aura pas de revalorisation des « petites pensions » au 1er octobre prochain, selon la CGT qui a un siège d’administrateur. « Ni le niveau, ni la nouvelle date (de revalorisation, NDLR) n’ont pu nous être précisés », indique l’organisation syndicale dans un communiqué diffusé le 4 septembre. La CFDT, qui compte elle-aussi des administrateurs au sein de la Cnav, confirme l’information dans un communiqué publié le même jour. Interrogé par Toutsurlaretraite.com, le ministère des Affaires sociales et de la Santé n’a pas, pour l’heure, répondu à nos sollicitations.

Dans le cadre des 50 milliards d’euros d’économies annoncées par Manuel Valls, il a été décidé dans un premier temps que les retraites de base ne seraient pas indexées sur l’inflation cette année. Face à la levée de boucliers des députés socialistes « frondeurs », le gouvernement a limité la mesure aux Français percevant plus de 1.200 euros bruts de pensions globales (tous régimes confondus). Afin d’éviter les effets de seuil, la loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (LFRSS) pour 2014, adoptée le 23 juillet dernier, prévoit une revalorisation de moitié pour les retraites totales comprises entre 1.200 et 1.205 euros bruts par mois.

 

Une « usine à gaz »

Le gouvernement a semble-t-il sous-estimé la complexité de ce système puisque le report de la revalorisation des « petites pensions » résulterait « d’obstacles juridiques et techniques », auraient justifié la direction de la Cnav et les représentants de l’Etat. Dans son rapport annuel sur les finances publiques paru le 25 juin, la Cour des comptes avait déjà pointé les difficultés techniques de la mise en œuvre de la mesure.

Pour savoir si le retraité perçoit au total plus ou moins de 1.200 euros de pensions par mois, il faut que les différents régimes de retraite communiquent entre eux. Des masses énormes d’informations à traiter en peu de temps qui posent également des problèmes de confidentialité des données personnelles. Au point que même l’étude d’impact de la LFRSS pour 2014 avait prévu un retard. « Un rattrapage serait alors opéré au titre du ou des arrérages de pension qui n’auraient pu faire l’objet de la revalorisation », stipule le document.

En attendant, les syndicats ne décolèrent pas. « Ce report aura des conséquences négatives pour les retraité(e)s aux ressources faibles », souligne la CFDT qui prévient qu’elle sera « attentive et exigeante pour réparer et compenser le préjudice d’ores et déjà subi par ces retraité(e)s. » « Le gouvernement a fait une promesse démagogique, qui n’était pas réalisable lors de son annonce, et qu’il n’a toujours pas rendue applicable », tonne, de son côté, la CGT. Très remontée, la centrale de Montreuil appelle les retraités à se rassembler le 30 septembre dans toute la France pour protester contre le report.

 

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