PERP : le plan d’épargne retraite populaire en 7 questions


AVIS D'EXPERT - Pourquoi souscrire un PERP ? Particularités, fiscalité, taux de rémunération, inconvénients... Les points de repère pour mieux comprendre l'intérêt du plan d'épargne retraite populaire par Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du site GoodValueforMoney.eu.

PERP : explications sur ce produit d'épargne retraite

A quoi sert un PERP ?

Le PERP est un contrat d’assurance-vie dont l’objectif est de se constituer un supplément de revenu à la retraite sous la forme d’une rente viagère. Le PERP a été lancé par le Gouvernement Fillon en 2003 dans le cadre de la réforme des retraites complémentaires réalisée.
Le PERP concerne principalement les salariés d’entreprises et les fonctionnaires ; il constitue le pendant du dispositif « Madelin » existant pour les travailleurs non salariés (TNS).
 

Quelles sont les spécificités d’un PERP ?

Le PERP est un produit « tunnel ». Concrètement et afin de respecter l’objectif de supplément de retraite, le dénouement d’un PERP ne peut se faire qu’à compter de la liquidation de la retraite obligatoire à l’âge légal de 62 ans.
Si l’assuré le souhaite, il peut conserver 20 % du capital constitué au moment du dénouement de son contrat. Les 80 à 100 % restants servent alors à alimenter une rente viagère qui sera versée à l’assuré jusqu’à son décès (voire ultérieurement à son conjoint sous la forme d’une rente de réversion).
Un PERP est transférable d’un assureur-vie à un autre. La valeur de transfert d’un PERP est indiquée chaque année sur le relevé de situation de l’assuré ; elle est le plus souvent inférieure à la valeur du capital constitué.
Le placement de l’épargne de l’assuré fait l’objet d’une sécurisation progressive par rapport à l’horizon de départ à la retraite. La part des unités de compte ne peut ainsi dépasser 60 % entre dix en vingt ans avant le départ à la retraite, 65 % entre cinq et dix ans, 20 % entre deux et cinq ans, 10 % à moins de deux ans.
 

Quelle est la fiscalité d’un PERP ?

Les versements réalisés dans un PERP sont déductibles du revenu net global imposable, dans certaines limites.
Concrètement, les versements réalisés courant 2015 seront déductibles du revenu net global de la déclaration de revenus 2015 (réalisée en mai-juin 2016), avec :
• un minimum de 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 3 754 €,
• un maximum de 10 % des revenus nets de l’année professionnelle, dans la limite de 30 038 €.
La non-consommation du plafond de déductibilité fiscale au titre du PERP peut être reportée au cours des trois années suivantes, le cas échéant.
Les plafonds de déductibilité fiscale peuvent être mutualisés au sein d’un couple, afin de permettre à l’un des conjoints ayant un revenu moindre de tirer profit du plafond de l’autre conjoint.
Durant la phase d’épargne, le capital constitué dans un PERP n’est pas soumis à l’ISF, car il n’est en principe pas rachetable (sauf dans des cas d’exception liés au chômage ou à l’invalidité).
La rente viagère issue d’un PERP est imposable selon le régime général des rentes.

Quels sont les différents types de PERP existants ?

Il existe sur le marché deux grands types de PERP :
• La très grande majorité des PERP fonctionne quasiment comme un contrat d’assurance-vie classique, avec un fonds en euros et une gamme d’unités de compte.
• Il existe par ailleurs quelques PERP dits « à points » permettant à l’assuré de convertir immédiatement ses versements en droits à rente viagère. Les deux produits « historiques » fonctionnant dans ce régime sont la Préfon et le Corem. Il existe également des produits plus récents comme Monceau Avenir Retraite.

Quel est le rendement d’un PERP ?

Pour les PERP classiques, le rendement du contrat dépend des unités de compte retenues, le cas échéant, par l’assuré. Le rendement des fonds en euros sont très variables sur le marché. Certains assureurs-vie comme Le Conservateur tirent profit d’un investissement à long terme par l’assuré pour augmenter la part des actions (ou de l’immobilier) dans le fonds en euros du PERP. Dans ce schéma, le rendement du fonds en euros peut se situer dans la fourchette haute du marché.
Concernant les PERP en points, les meilleurs contrats offrent une revalorisation des points de rente proche de l’inflation. C’est déjà une belle performance, car il faut tenir compte du coût de l’allongement de l’espérance de vie en parallèle.
 

Quels sont les inconvénients d’un PERP ?

Indisponibilité de l’épargne, tant durant la période d’investissement que durant celle de service de la rente (à l’exception principalement des 20 % susceptibles d’être récupérés sous la forme d’un capital lors du dénouement du contrat en rente).
• Risque de ne récupérer que partiellement son épargne en cas de décès prématuré durant la période de rente, le capital constitutif de la rente restant disponible allant alimenter le fonds des rentes de la compagnie.
Nécessité de constituer un capital important sur son contrat (au moins 35 000 à 50 000 €) pour bénéficier d’une rente viagère qui soit un peu significative (de l’ordre de 100 à 200 € par mois).

Pourquoi souscrire un PERP ?

• Epargner pour sa retraite sur un PERP est une bonne sécurité par rapport à soi-même ; le fait que l’argent soit inaccessible évite qu’on soit tenté de prendre son épargne pour s’acheter une nouvelle voiture ou partir en voyage.
Bénéficier d’une rente viagère est une vraie sécurité pour ses vieux jours ; c’est de l’argent qui tombera tous les mois, quoi qu’il arrive et qui pourra servir à payer une partie du coût d’une maison de retraite, le cas échéant.
• Effectuer des versements sur un PERP permet de réduire immédiatement son impôt sur le revenu (IR), en sachant que le PERP ne rentre pas dans le plafond global des niches fiscales de 10 000 € applicable dans la déclaration de revenus effectuée en 2014.

A propos de l’auteur
Cyrille Chartier-Kastler est fondateur du site GoodValueforMoney.eu, spécialisé dans la prescription de contrats d’assurance-vie à destination du grand public. Cyrille est également fondateur du cabinet de conseil Facts & Figures.