Plus d’un libéral sur dix travaille à la retraite


Près de 11% des professions libérales retraitées cumulent leurs pensions et un revenu d'activité, d'après des données de leur caisse de retraite de base rendues publiques le 30 mars 2016.    

10,7% des libéraux retraités cumulaient leurs pensions et un revenu d'activité en 2015

Les professionnels libéraux s’avèrent très actifs à la retraite. Selon une étude de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL) présentée le 30 mars 2016, 10,7% des libéraux retraités cumulaient leurs pensions et un revenu d’activité l’an dernier. Au final, quelque 30.000 affiliés à la CNAVPL, le régime de retraite de base de tous les libéraux sauf les avocats, étaient dans cette situation en 2015.

Si les professions libérales ressentent le besoin de continuer à travailler à la retraite, cela ne semble pas être pour une question d’argent. Les retraités libéraux en cumul emploi-retraite (CER) perçoivent en moyenne une pension 60% supérieure à leurs confrères ayant cessé toute activité professionnelle.

Un cumul paradoxal

« Le fait que leurs retraites acquises auprès du régime de base et des régimes complémentaires des professions libérales soient supérieures aux allocations moyennes des affiliés laisse penser que les personnes optant pour le cumul emploi-retraite ont plutôt eu des carrières libérales plus longues que la moyenne, des revenus libéraux plus élevés que la moyenne et/ou sont partis en retraite plus tardivement que la moyenne », estime l’auteur de l’étude de la CNAVPL.

Mieux : il semblerait que les activités professionnelles les plus rémunératrices soient celles qui, paradoxalement, sont les plus propices au choix de la poursuite d’une activité après le départ en retraite. Ainsi, « les chirurgiens-dentistes et les experts-comptables optent plus fréquemment pour le cumul emploi-retraite que les sages-femmes ou les kinésithérapeutes, qui ont des revenus plus modestes ».

Un cumul masculin

Autre caractéristique du CER chez les libéraux : 77% des « cumulants » sont des hommes. Certes, à quelques exceptions près (infirmières, sages-femmes), les professions libérales sont majoritairement masculines. Mais il semble, en outre, que les libéraux femmes ont moins recours au dispositif que leurs homologues masculins (à l’exception notable des agents généraux d’assurance).

Enfin, l’utilisation du CER varie beaucoup d’une profession à une autre. Si 20% des affiliés à la CNAVPL sont des médecins, ces derniers représentent, à eux-seuls, 35% des cumulants libéraux. A l’inverse, à peine 10% des auxiliaires médicaux (infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes, orthoptistes) retraités travaillent alors qu’ils totalisent 18% des professions libérales à la retraite.

« Pour certaines activités, le départ en retraite va souvent de pair avec la vente du lieu d’exercice de la profession, ce qui ne facilite pas la poursuite d’une activité libérale postérieurement à la liquidation des droits et donc limite le cumul emploi-retraite », note l’étude. C’est notamment le cas des pharmaciens avec leur officine, des notaires avec leur étude ou des agents généraux avec leur agence.

A lire également :

Retraite complémentaire : les libéraux au régime sec