Plus une femme a d'enfants et moins elle touche à la retraite

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Selon une étude du ministère des Affaires sociales rendue publique le 11 janvier 2016, le montant de la pension des mères de famille est inversement proportionnel au nombre d'enfants qu'elles ont élevés.

 

Les droits familiaux ne permettent pas de compenser le manque à gagner à la retraite dû à la maternité

 

On savait que maternité et retraite ne faisaient pas bon ménage. Une étude du ministère des Affaires sociales publiée le 11 janvier 2016 vient confirmer cette idée. Si la pension moyenne des mères d'un enfant est très légèrement supérieure à celle des femmes sans enfant (1.146 euros par mois contre 1.143 euros par mois), le montant se dégrade ensuite : 1.006 euros avec deux enfants, 754 euros avec trois enfants, 572 euros avec quatre enfants, 420 euros avec cinq enfants et plus. Les raisons de ces écarts sont connues.

Plus les femmes ont d'enfants et moins leur taux d'activité est élevé. Quand elles travaillent, les mères ont davantage recours au temps partiel. Et d'une manière générale, la maternité freine la progression des carrières féminines. C'est justement pour compenser cette injustice et, au passage, ne pas décourager les femmes d'avoir des enfants alors que le système de retraite par répartition est basé sur la solidarité intergénérationnelle qu'ont été mis en place les droits familiaux de retraite. Il en existe trois principaux : la majoration de durée d'assurance (MDA), la majoration de pension pour enfants et l'assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF).

Les droits familiaux insuffisants

La MDA consiste en l'attribution de trimestres de retraite au titre de l'accouchement et de l'éducation des enfants. Les assurées bénéficient de huit trimestres (2 ans) par enfant dans le secteur privé et de quatre trimestres (1 an) par enfant dans le public. La majoration familiale constitue, elle, un « bonus » octroyé aux parents de familles nombreuses. Elle vient majorer de 10% la pension des pères et mères ayant élevé au moins trois enfants dans le privé (5% supplémentaires sont consentis par enfant à partir du quatrième dans le public). Enfin, l'AVPF permet, sous certaines conditions, aux parents qui ont arrêté de travailler ou travaillent moins pour s'occuper de leurs enfants de cotiser volontairement à la retraite.

Reste que, et c'est là le vrai enseignement de l'enquête, les droits familiaux ne permettent pas de compenser totalement les écarts de pension entre les femmes avec et sans enfant. Hormis les mères d'un enfant dont la retraite moyenne (1.174 euros) dépasse encore plus celle des non-mères en intégrant les droits familiaux, la pension moyenne des autres génitrices demeure inférieure : 1.068 euros avec deux enfants, 911 euros avec trois enfants, 789 euros avec quatre enfants, 678 euros avec cinq enfants et plus.

Les pères de famille nombreuse également pénalisés

Les hommes ayant une grande progéniture sont, eux-aussi, pénalisés. Toujours d'après l'étude du ministère des Affaires sociales, les pères de moins de trois enfants perçoivent en moyenne 1.697 euros par mois à la retraite tandis que les pères de trois enfants et plus touchent 1.518 euros. Cette fois aussi, les droits familiaux (essentiellement la majoration familiale) ne comblent pas entièrement la différence puisqu'en les prenant en compte la pension moyenne des chefs de famille nombreuse reste moins élevée à 1.646 euros par mois.

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