Pour la CGT, pas d’accord en vue sur l’Agirc-Arrco


Selon Eric Aubin, le négociateur de la CGT, il y a peu de chance que la réunion de négociation du 16 octobre 2015 débouche sur la signature d'un accord destiné à restaurer l'équilibre financier des régimes de retraite complémentaire du secteur privé.    

Syndicats et patronat s'opposent sur la mise en place d'abattements sur les pensions Agirc et Arrco avant 64 ans

Eric Aubin est pessimiste quant à l’issue de la séance de négociation paritaire sur les retraites complémentaires du privé prévue le 16 octobre 2015. Dans une vidéo postée le 14 octobre sur le média en ligne Décider et Entreprendre, le secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites ne pense pas que la réunion sera conclusive alors que l’Arrco (le régime complémentaire de tous les salariés) et l’Agirc (le régime complémentaire des seuls cadres) affichent un déficit cumulé de plus de 3 milliards d’euros en 2014. « Il y a peu de chance que vendredi il y ait un accord de signé », estime Eric Aubin.

Crispations sur l’âge de départ

Si le négociateur cégétiste est si affirmatif, c’est à cause du rejet jusqu’ici unanime des syndicats de salariés (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) du système de bonus-malus proposé par le Medef. Ce dispositif prévoit que les cadres et non cadres qui acceptent de prendre leur retraite à 65 ans bénéficient temporairement d’une majoration de 15% de leurs pensions complémentaires et même de 25% s’ils partent à 66 ans. A contrario, une minoration de 25% ou de 15% serait appliquée en cas de départ respectivement à 62 et à 63 ans. L’objectif affiché de l’organisation patronale est d’inciter les salariés à travailler, et donc à cotiser, plus longtemps.

« Le Medef demande, pour amener de la cotisation en plus, à ce qu’on lève le tabou du report de l’âge effectif de départ en retraite », résume Eric Aubin. Selon le « Monsieur retraites » de la centrale de Montreuil, aucune organisation syndicale ne sera prête à accepter cette proposition pour la simple et bonne raison qu’« arrivé à l’âge de la retraite, moins d’un salarié sur deux est en activité ». « Si l’on appliquait les abattements tels que le propose le Medef, tous ceux qui ne sont pas en activité verraient une baisse considérable de leur niveau de pension et donc subiraient une perte de pouvoir d’achat importante », souligne Eric Aubin.

Accord repoussé à 2016

En cas d’absence d’accord le 16 octobre, deux cas de figure sont possibles d’après lui. Première possibilité : les pouvoirs publics reprennent la main, comme a pu le sous-entendre le Premier ministre Manuel Valls. Un scénario « peu probable », aux yeux d’Eric Aubin. « On va rentrer dans la campagne présidentielle de 2017 et l’Etat mesure que le dossier est très sensible. » Difficile en effet d’endosser la responsabilité de mesures impopulaires, comme une hausse des cotisations ou un gel des pensions, à quelques mois de l’échéance électorale.

L’autre solution consisterait à… repousser la signature de l’accord à l’année prochaine. « L’épuisement des réserves de l’Agirc est daté à 2018, ce qui nous laisse un peu de marge de manœuvre en terme de calendrier », juge Eric Aubin qui ajoute que « l’accord va être très, très compliqué à trouver ». Pas très rassurant…