Pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, la retraite à 60 ans est une illusion


La patronne des patrons se dit satisfaite de la manière dont la réforme des régimes de retraite se profile.

La présidente du Mouvement des entreprises de France (MEDEF), Laurence Parisot, estime que le financement des régimes de retraite est une « épée de Damoclès » au dessus de la tête des Français.

Dans un entretien accordé au journal Le Figaro, elle s’est déclarée satisfaite de la manière dont le gouvernement menait la réforme des retraites. « On progresse dans la réflexion sur ce dossier, on comprend que la promesse de s’arrêter à 60 ans, ce n’était pas un acquis social mais au contraire une grande illusion ou un grand mensonge » a indiqué la patronne des patrons.

Selon elle, cette réforme « doit être définitive, garantir à la fois l’équité et l’équilibre des régimes pour 30 ou 40 ans sans que l’on n’ait à y revenir tous les 5 ou 10 ans ». Pour parvenir à l’équilibre des régimes, il faut « de toute évidence » relever l’âge de départ et allonger la durée de cotisation. « Le gouvernement raisonne aujourd’hui sur la base d’un trimestre de cotisations en plus par an. Mais pourquoi pas un semestre par an ? Si ça permettait un vrai retour à l’équilibre, il me semble que ça en vaudrait la peine » annonce-t-elle.

Cet allongement de la durée du travail doit s’accompagner pour Laurence Parisot d’une modification des méthodes de ressources humaines. « Il nous faudra assimiler cette évidence qu’à 55 ans on ne gère pas une fin de carrière mais une nouvelle étape dans la vie professionnelle » affirme ainsi Laurence Parisot. Cette dernière indique aussi que la prise en compte de pénibilité du travail ne peut se faire qu’au « cas par cas » sauf à « vouloir recréer des régimes spéciaux ».

Développer l’épargne-retraite

Pour assurer le financement des régimes de retraite, la présidente du Medef refuse toute augmentation des cotisations ou de taxation du capital. « Aller chercher de nouvelles recettes fiscales pour financer un régime de très long terme comme celui par répartition, tout cela marcherait peut-être deux ou trois ans puis nous entraînerait à nouveau dans un cercle vicieux d’appauvrissement encore plus rapide » affirme-t-elle.

A l’inverse, elle propose de développer les dispositifs de capitalisation comme l’épargne-retraite, en les rendant « pourquoi pas » obligatoires.