Pour les fonctionnaires, la réforme des retraites 2013 ne sera pas la dernière


EXCLUSIF - La presque quasi-totalité des agents de la fonction publique ne croient pas que le projet de loi sur les retraites, examiné en seconde lecture au Sénat le 16 décembre 2013, réglera le déséquilibre financier des régimes, selon la 3ème édition de L'Observatoire des retraites publiques Préfon / Toutsurlaretraite.com.

deux vieux devant un écran

 

Le message rassurant du gouvernement à l’égard de la pérennité du système de retraites a visiblement du mal à passer auprès des agents de la fonction publique. 99,2% des fonctionnaires ne pensent pas que la réforme de 2013 sera la dernière réforme des retraites, selon la 3ème édition de L’Observatoire des retraites publiques Préfon / Toutsurlaretraite.com réalisé par le cabinet Ellipsa pour le compte de Préfon et de Toutsurlaretraite.com auprès de 960 agents en activité de la fonction publique d’Etat, territoriale et hospitalière.

Le projet de loi « garantissant l’avenir et la justice du système de retraites », dont la seconde lecture aura lieu le 16 décembre 2013 au Sénat, prévoit des mesures de financement du régime général des salariés jusqu’en 2035, via notamment l’allongement de la durée de cotisation nécessaire pour percevoir une retraite à taux plein (sans abattement) de 41,5 à 43 ans. Le gouvernement estime qu’au-delà de cette date, l’arrivée massive à la retraite des « baby-boomers », cette génération née après la Seconde guerre mondiale un tiers plus nombreuse que les autres classes d’âges, sera absorbée. Passé ce « pic », l’équilibre démographique des régimes se rétablira, selon l’exécutif.

Pas totalement contre un changement du mode de calcul

Etonnamment, les fonctionnaires se montrent moins réticents que prévu vis-à-vis d’un changement éventuel du mode de calcul des retraites publiques. Près de 45% d’entre eux se déclarent favorables à un calcul sur les 10 meilleures années en intégrant les primes, au lieu des 6 derniers mois de traitement sans les primes comme aujourd’hui.

Ce mode de calcul a été proposé dans le rapport de la conseillère d’Etat Yannick Moreau, mais n’a pas été retenu dans le projet de loi. Pour rappel, les retraites du privé sont calculées à partir des 25 meilleures années de carrière.

Attachement à la catégorie « active »

Une majorité de fonctionnaires demeure attachée à la catégorie dite « active » de la fonction publique. Celle-ci regroupe des agents dont les conditions de travail sont jugées difficiles et qui, à ce titre, peuvent partir plus tôt à la retraite (57 ans ou 52 ans au lieu de 62 ans). 54,3% ne veulent pas sa disparition au profit de l’extension au secteur public des comptes personnels de prévention de la pénibilité.

Ces comptes, instaurés par la réforme des retraites de 2013 et qui entreront en vigueur à compter du 1er janvier 2015, permettront aux actifs exposés à des risques professionnels (travail de nuit, port de charges lourdes, environnement bruyant…) de bénéficier d’une formation de reconversion à un métier moins pénible, d’une retraite progressive (un temps partiel payé comme un temps plein) ou d’une retraite anticipée (dans la limite de 2 ans). Ils seront réservés aux salariés du privé au motif que la fonction publique dispose justement de la catégorie « active ». Sur ce point-là au moins, les fonctionnaires semblent d’accord avec le gouvernement…

 

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