Présidentielle 2017 : le programme de Le Pen pour les retraites

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Marine Le Pen propose de revenir à la retraite à 60 ans et aux 40 annuités de cotisations pour percevoir une pension sans abattement. Le financement et le calendrier d'entrée en vigueur de ces deux dispositions apparaissent flous.

Marine Le Pen lors du débat présidentiel du 3 mai 2017

Le programme de Marine Le Pen sur les retraites est marqué par un retour en arrière par rapport à la situation actuelle, que ce soit sur l'âge de départ, la durée de cotisation ou la fiscalité des retraités. La présidente du Front national (FN) se préoccupe également des pensionnés modestes avec le relèvement du minimum vieillesse et l'instauration d'une prime de pouvoir d'achat pour les « petites » retraites. Le contenu et surtout le calendrier des mesures proposées par la leader frontiste ont sensiblement évolué entre le début et la fin de sa campagne présidentielle.

SOMMAIRE

- Le retour de la retraite à 60 ans

- 40 ans de cotisations

- Coup de pouce pour les retraités modestes

- Allègement de la fiscalité de certains retraités

 

L'âge légal de la retraite à 60 ans

Comme en 2012, la chef de file de l'extrême droite a fait du retour de la retraite à 60 ans, mise en place en 1982 sous François Mitterrand, l'une des mesures phares de son programme (engagement n°52) en direction des seniors. Pour rappel, la loi Woerth de 2010 a repoussé l'âge légal de départ à la retraite, c'est-à-dire l'âge à partir duquel les Français sont autorisés à quitter la vie active, de deux ans. Pour les assurés nés à partir de 1955, l'âge légal est ainsi fixé à 62 ans.

Dans une vidéo postée sur sa chaîne Youtube, Marine Le Pen s'était engagée à mettre en place la retraite à 60 ans dans les deux premiers mois suivant son accession à l'Elysée. La députée européenne a été nettement moins affirmative lors du débat présidentiel organisé le 3 mai 2017. Elle parle désormais d'une entrée en vigueur d'ici la fin de son quinquennat, si elle est élue.

En outre, dans une interview donnée la veille sur LCI, la candidate du parti lepéniste conditionne la mise en place de l'abaissement de l'âge légal à une reprise de l'emploi. La mesure doit, il est vrai, être financée par le surcroit de cotisations vieillesse consécutives à une hausse de la population active. Le retour de la retraite à 60 ans devant coûter, de l'aveu de Marine Le Pen, 17 milliards d'euros (30 milliards d'euros selon son adversaire Emmanuel Macron), il faudrait une baisse du chômage d'environ 3 points (soit un taux d'à peu près 7%) pour couvrir la dépense.

40 ans de cotisations : flou dans le programme de Marine Le Pen

L'autre mantra de l'eurodéputée sur les retraites, ce sont les 40 annuités, soit la durée d'assurance d'avant la loi Fillon de 2003. A compter de 2004, le nombre de trimestres de cotisations vieillesse requis pour percevoir une pension de base complète (sans minoration) est passé de 160 trimestres (40 ans) pour les assurés nés avant 1949 à 166 trimestres (41,5 ans) pour ceux nés en 1955. La réforme Touraine de 2014 a allongé la durée d'assurance à 172 trimestres (43 ans) pour les assurés nés à partir de 1973.

Là aussi, Marine Le Pen a introduit une certaine ambiguïté au cours du débat du 3 mai lorsqu'elle a évoqué « la retraite à 60 ans et les 40 ans [sic] d'annuités ». La présidente du FN voulait-elle dire que pour partir à 60 ans, il faudra impérativement justifier de 160 trimestres ? Difficile à dire. Ce qui semble sûr en revanche, c'est que les assurés ne disposant pas de 40 ans de cotisation subiraient une minoration de leur pension de base, qu'ils partent ou non à 60 ans. Par ailleurs, la fille de Jean-Marie Le Pen n'a pas dit si elle abaissait également l'âge de retraite à taux plein de deux ans. A l'heure actuelle, cet âge de départ à partir duquel la décote est automatiquement supprimée est progressivement décalé de 65 à 67 ans d'ici 2022.

Coup de pouce pour les retraités modestes

Marine Le Pen milite pour une augmentation de l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), qui remplace le minimum vieillesse depuis 2006. Cette revalorisation effective « partout en France, y compris en Outre-mer » s'élèverait à 20% et porterait l'Aspa à environ 960 euros par mois.

Parallèlement, la candidate souhaite limiter l'octroi de l'ex-minimum vieillesse aux personnes de nationalité française ou justifiant d'au moins 20 ans de résidence dans le pays. Aujourd'hui, l'Aspa est attribuée aux ressortissants de l'Espace économique européen (Union européenne + Norvège + Liechtenstein + Islande) et de la Suisse, ainsi qu'aux détenteurs d'un titre de séjour depuis au moins 10 ans, aux réfugiés, apatrides et étrangers ayant combattu pour la France, à condition, pour chacun d'entre eux, qu'ils résident au moins six mois par an dans l'Hexagone.

Marine Le Pen veut aussi mettre en place une prime de pouvoir d'achat (PPA) de 80 euros par mois pour les retraités dont les pensions ne dépassent pas 1.500 euros par mois (mais aussi pour les salariés dont les revenus n'excèdent pas ce plafond). La PPA serait financée par une taxe de 3% sur les produits importés.

Allègement de la fiscalité de certains retraités

La députée européenne veut réinstaurer la demi-part fiscale attribuée aux veufs et veuves et progressivement supprimée sous Nicolas Sarkozy. Elle souhaite aussi réintroduire la défiscalisation des majorations familiales de pension. Depuis 2014, ces bonus accordés aux parents de trois enfants et plus et qui permettent de majorer la retraite du père et de la mère de 10% (voire davantage dans certains régimes) doivent être intégrés aux revenus à déclarer au fisc.

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