Propositions sur la retraite de Macron et de Le Pen : âge de départ, montant, durée…

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Emmanuel Macron et Marine Le Pen vont s'affronter le 7 mai prochain pour la présidence de la République. Comme sur de nombreux sujets, les deux candidats proposent des mesures très contrastées en matière de retraite.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont arrivés en tête le 23 avril 2017 du premier tour de l'élection présidentielle

 

Les Français ont désigné, le 23 avril 2017, Emmanuel Macron et Marine Le Pen en tête du premier tour de l'élection présidentielle. Si les commentateurs politiques ont souligné le choix très contrasté de nos compatriotes entre un progressiste libéral europhile et une nationaliste interventionniste europhobe, ce « schisme » se retrouve particulièrement prégnant dans les propositions du chef de file d'En Marche ! et de la présidente du Front national sur la question des retraites.

Hormis sur la suppression du Régime social des indépendants (RSI) – qui gère notamment la retraite des artisans et des commerçants – et sur la revalorisation du minimum vieillesse, les deux candidats se retrouvent en opposition sur tous les autres items.

L'âge de départ à la retraite

Marine Le Pen a fait du retour à la retraite à 60 ans un de ses axes majeurs de campagne. Pour rappel, l'âge légal de départ, soit l'âge minimum à partir duquel les Français sont autorisés à quitter la vie active, est fixé à 62 ans à compter des assurés nés à partir de 1955.

Emmanuel Macron, lui, ne souhaite pas toucher à l'âge légal. Toutefois, l'ancien ministre de l'Economie veut en faire un âge « pivot », c'est-à-dire que les Français pourront partir à la retraite avant, mais subiront alors une forte minoration sur le montant de leurs pensions.

La durée de cotisation

Là aussi, la leader frontiste veut revenir en arrière avec une durée de cotisation ramenée à 40 ans (160 trimestres) pour percevoir une retraite complète (sans décote). La loi Fillon de 2003, puis la réforme Touraine de 2014, ont allongé la durée de cotisation qui varie selon l'année de naissance. Elle est aujourd'hui comprise entre 41,5 ans (166 trimestres) pour les assurés nés en 1955 à 43 ans (172 trimestre) pour ceux nés à compter de 1973. L'ex-secrétaire général adjoint de François Hollande souhaite, de son côté, garder la durée de cotisation en l'état.

Le montant des retraites

Marine Le Pen ne prévoit pas d'augmenter spécifiquement les « petites » retraites. Toutefois, la prime de pouvoir d'achat de 80 euros par mois qu'elle propose de mettre en place pour les revenus mensuels inférieurs à 1.500 euros bénéficierait indirectement aux retraités modestes.

Emmanuel Macron n'a pas évoqué le montant des retraites. En revanche, le presque quadra compte relever de 100 euros par mois l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) pour porter la remplaçante du minimum vieillesse à un peu plus de 900 euros par mois. Marine Le Pen propose, elle, de revaloriser l'ASPA de 20% (environ 960 euros par mois).

Le compte pénibilité

Marine Le Pen milite pour la suppression pure et simple du compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P). Instauré depuis le 1er janvier 2015, ce dispositif vise à permettre aux salariés exposés à des risques professionnels (travail de nuit, travail à la chaîne, travail en 3x8...) de notamment partir plus tôt à la retraite grâce à un système de points. La patronne du FN estime que le C3P est trop complexe, en particulier pour les petites entreprises. Elle propose à la place une évaluation personnalisée de la pénibilité, sans toutefois détailler la procédure qui serait mise en place.

Emmanuel Macron ne souhaite pas supprimer mais « suspendre » le compte pénibilité sans, là-aussi, expliquer ce que cela signifie. L'ex-inspecteur des Finances s'est exprimé en faveur de dispositifs de retraite anticipée sur certains postes, définis par les branches professionnelles. Ni Macron, ni Le Pen ne disent ce qu'il adviendra des C3P d'ores et déjà ouverts et des points cumulés sur ces comptes. Selon une étude de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) publiée le 25 novembre 2016, quelque 512.162 salariés avaient acquis des points de pénibilité en un peu moins de deux ans.

Les régimes spéciaux

Emmanuel Macron propose de mettre en place un seul et unique régime de retraite en lieu et place des 37 régimes actuels. L'objectif de l'ancien banquier d'affaires est que les droits des Français en matière de retraite soient les mêmes, quel que soit leur statut professionnel. Cette profonde réforme passerait, dans un premier temps, par la suppression des régimes dits « spéciaux » (car fonctionnant sur des paramètres qui leur sont propres) comme ceux de la SNCF ou de la RATP, qui prévoient des départs anticipés à la retraite. L'ex-énarque souhaite également la disparition des régimes de la fonction publique.

Marine Le Pen veut une suppression plus mesurée des régimes spéciaux. Pour la députée européenne, il est normal que certains métiers, comme les militaires ou les marins, puissent partir plus tôt de la vie professionnelle compte tenu de leurs conditions difficiles de travail.

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