PSA supprime ses retraites chapeaux, chaque salarié devrait recevoir 400 euros


Le constructeur automobile a annoncé le 16 décembre 2015 avoir mis fin à son régime de retraite supplémentaire à prestations définies réservé aux cadres dirigeants. Les économies réalisées vont être redistribuées aux collaborateurs.    

La fin des retraites chapeaux chez PSA Peugeot Citroën va générer 34 millions d'euros d'économies

Les retraites chapeaux chez PSA Peugeot Citroën, c’est fini. Dans un communiqué publié le 16 décembre 2015, le constructeur automobile annonce la suppression du régime de retraite supplémentaire à prestations définies (article 39) dont bénéficiaient jusqu’ici les dirigeants mandataires sociaux et les membres du comité exécutif du groupe. Un nouveau régime de retraite supplémentaire à cotisations définies (article 83) le remplace. « Ainsi, l’entreprise ne garantira plus un certain niveau de retraite mais versera un montant annuel directement lié aux résultats du groupe et à sa performance », peut-on lire dans le communiqué.

Autre avantage : le nouveau dispositif est nettement moins coûteux pour PSA puisqu’il nécessite beaucoup moins de provisions financières. « A titre d’exemple la charge pour le président du directoire sera divisée par plus de trois », illustre le communiqué. Le constructeur va ainsi économiser 34 millions d’euros. Le directoire va proposer lors de la prochaine Assemblée générale des actionnaires prévue en avril 2016 de redistribuer cette somme aux salariés. Selon les syndicats, cela pourrait représenter une prime de 400 à 450 euros par collaborateur.

Solder l’affaire Varin

Ces mesures visent à tourner la page de « l’affaire » Philippe Varin. La CGT avait révélé en novembre 2013 que le PDG de PSA de l’époque allait toucher 21 millions d’euros de retraite chapeau alors que le groupe automobile était au bord de la faillite. Face au tollé général, Philippe Varin avait déclaré publiquement qu’il renonçait à sa retraite surcomplémentaire. Au final, l’ancien dirigeant parti depuis à la retraite, perçoit près de 300.000 euros par an, comme l’a découvert le site sur la déontologie financière Deontofi.com.

Une information qui a de nouveau scandalisé l’opinion publique et provoqué l’ire du gouvernement. Du coup, les conditions d’accès au dispositif ont été durcies et la contribution additionnelle payée par les entreprises sur les « grosses » retraites chapeaux a été relevée de 30 à 45%. Dans une décision rendue le 22 novembre 2015, le Conseil constitutionnel a retoqué cette hausse jugée trop brutale, sans toutefois la remettre en cause sur le fond. PSA Peugeot Citroën a semble-t-il souhaité sortir de ce guêpier en améliorant au passage son image. D’une pierre, deux coups.

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