Qui a intérêt à ouvrir un PERP ?


Souscrire un plan d'épargne retraite populaire permet de diminuer significativement son impôt sur le revenu. Ce levier, qui peut être activé jusqu'au 31 décembre de l'année, n'est pas adapté à toutes les situations. Explications.  

Le plan d'épargne retraite populaire ne convient pas à tous

Si vous n’avez pas encore entrepris de réduire votre impôt sur le revenu, le plan d’épargne retraite populaire (PERP) est peut-être fait pour vous. Ce contrat, qui propose le versement de rentes à la retraite, permet de diminuer aussi votre facture fiscale, que ce soit pour l’impôt sur le revenu (IR) ou pour l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Mais le PERP n’est pas adapté à tous les profils d’épargnants. Avant d’en souscrire un, certains points doivent être étudiés avec attention.

Les foyers fortement imposés sur le revenu et à l’ISF

Le plan d’épargne retraite populaire étant ouvert à tous (y compris les inactifs), c’est à l’assuré qu’il incombe de mesurer l’impact fiscal de la souscription de ce produit. Les cotisations versées sur un PERP peuvent être déduites des revenus à déclarer à l’administration fiscale. La déduction ne peut excéder 10% du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) de l’année précédente ou 10% des revenus professionnels dans la limite de huit fois le PASS de l’année précédente. Avec un PASS fixé à 38.616 euros en 2016, les cotisations versées en 2017 peuvent être déduites des revenus mentionnés dans la déclaration 2017 à hauteur au minimum de 3.861 euros (38.616 x 10%) ou au maximum de 30.892 euros (38.616 x 8 x 10%).

Des déductions intéressantes à condition d’être… fortement imposé. « En-dessous de 30% de tranche marginale d’imposition, l’efficacité fiscale est moindre. L’intérêt principal devient alors de se contraindre à épargner pour sa retraite sans être tenté de consommer », précise Alexis de Rozières, spécialiste épargne retraite chez Eres Gestion. Inutile donc de souscrire un PERP si vous êtes dans la tranche inférieure du barème de l’impôt sur le revenu, de 14%.

Autre spécificité du PERP : les versements ne sont pas intégrés au patrimoine taxable pris en compte pour le calcul de l’ISF. « Pendant la phase d’épargne, seules les primes éventuellement versées après l’âge de soixante-dix ans sont ajoutées, pour leur valeur nominale, au patrimoine imposable de celui qui les a versées pour le calcul de l’impôt de solidarité sur la fortune », explique ainsi le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP-Impôts).

De plus, au moment de la liquidation du plan, lorsque les primes ont été versées régulièrement sur une durée d’au moins 15 ans, le versement de la rente n’est pas inclus dans le patrimoine taxable à l’ISF. Si vous êtes redevable de l’impôt de solidarité sur la fortune, le PERP semble donc tout indiqué.

Les actifs éloignés de la retraite

Autre élément à prendre en compte, l’âge du souscripteur. L’objectif d’un PERP étant avant tout de se constituer une épargne pour la retraite, ce mécanisme se révèle intéressant sur une longue période, le temps de vous créer un bas de laine suffisant pour impacter significativement votre pouvoir d’achat une fois votre carrière professionnelle terminée. La valeur de capitalisation d’un plan doit atteindre au moins 300.000 euros pour donner lieu au versement d’une rente de 1.000 euros par mois du départ à la retraite jusqu’au décès.

Les personnes disposant de liquidités

Enfin, souscrire un PERP constitue un engagement. Mis à part les coups durs prévus par la loi (invalidité, décès, surendettement, fin des droits au chômage, …), impossible de retirer vos économies de votre plan avant le départ à la retraite. Autant dire que si vous ne détenez aucune épargne financière « liquide », c’est-à-dire facilement mobilisable, comme des livrets d’épargne (Livret A, LDD…) ou des contrats d’assurance vie, le Perp est à proscrire.

C’est principalement cet aspect du Perp, produit « tunnel », qui refroidit certains épargnants. La loi Sapin 2 du 10 décembre 2016 a introduit un nouveau cas de déblocage anticipé. Désormais, les PERP dont l’encours ne dépasse pas 2.000 euros peuvent être dénoués avant le départ à la retraite. Il faut toutefois remplir deux autres conditions : le plan ne doit pas être alimenté depuis au moins quatre ans (ou ouvert depuis au moins quatre ans si des versements réguliers sont prévus) et l’assuré doit bénéficier du dégrèvement de la taxe d’habitation. C’est-à-dire justifier d’un revenu annuel inférieur à 25.155 euros pour une personne seule ou à 35.658 euros pour un couple marié ou pacsé.

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