Réforme de la dépendance : « nous n’avons pas de calendrier » (Michèle Delaunay)


Michèle Delaunay, ministre déléguée en charge des personnes âgées et de la Dépendance, a confirmé sur RTL que le chantier de la perte d'autonomie des seniors serait remis en route mais qu'il prendrait plusieurs mois. Les premières consultations sur ce sujet débuteront début juillet.

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Estimant à 1 million, le nombre de personnes « en grand perte d’autonomie », Michèle Delaunay, ministre déléguée aux Personnes âgées et à la Dépendance, a dénoncé sur RTL lundi 28 mai « le désastre du quinquennat précédent ». Elle a ainsi souligné que le gouvernement précédent avait « fait miroiter de trois mois en trois mois la grande réforme du quinquennat que devait être la prise en charge de la dépendance ».

Elle a rappelé les engagements de François Hollande sur ce sujet, affirmant que le chantier allait être « remis sur la table » et qu’il serait fait appel à la solidarité nationale pour le financement.

« Nous remettrons en route ce chantier. Je ne dis pas que ce sera fait demain matin. Bien évidemment il va falloir concerter, concerter encore, mais c’est un engagement majeur. Nous ne pouvons pas nous permettre de laisser ce dossier de côté. Et j’ose dire que nous ne le ferons pas », a-t-elle souligné.

Quant à la prise en charge financière, Michèle Delaunay a évoqué d’autres pistes. « Il y a aussi des solutions d’un autre ordre. Et ces solutions s’appellent la prévention et l’anticipation du vieillissement. Vous me direz on ne peut pas prévenir l’avancée en âge. Ce n’est pas ce que je veux dire. Ce qui coûte le plus cher, c’est la période de grande dépendance. Celle-ci, on a les moyens de la retarder », a-t-elle indiqué.

« Je pense qu’il faudra plus de temps »

La ministre déléguée a également été interrogée par Jean-Michel Apathie sur la date de mise en œuvre de ce chantier. « Nous n’avons pas de calendrier, a-t-elle répondu. Vous avez remarqué que François Hollande ne l’a pas mis de manière explicite dans la première année de son quinquennat. Je pense qu’il faudra plus de temps ». Michèle Delaunay a ajouté qu’aucune annonce d’ordre financier ne serait faite avant d’avoir la confirmation d’une majorité à l’Assemblée. « Il y aura l’audit des finances publiques et ensuite nous saurons mieux quoi, quand et ce que nous pourrons faire. Il est très probable que cela demande plusieurs mois. Ce que je peux vous assurer c’est que le dossier sera mis sur la table » a-t-elle insisté.

Première consultation début juillet

Michèle Delaunay a d’ores et déjà prévu de rencontrer, début juillet, le haut conseil de la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, NDLR), l’institution qui collecte les fonds de la journée de solidarité, « pour examiner [les] priorités, mettre en route un état des lieux, une sorte d’audit » afin de connaître « exactement l’état de cette prise en charge, ce qui est fait et ce qui doit être fait ». Sur ces aspects, Michèle Delaunay devrait pouvoir s’appuyer sur les conclusions des discussions sur la dépendance qui se sont tenues entre février et juin 2011, à l’initiative du précédent gouvernement. Car si la réforme de la dépendance a été repoussée pour n’être finalement pas mise en œuvre sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, la précédente ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a toutefois organisé un grand débat national, alimenté par des groupes de travail et des débats interrégionaux et interdépartementaux.

Michèle Delaunay a en outre rappelé que la Journée de solidarité fixée chaque lundi de Pentecôte rapportait 2,3 millions d’euros « dont 1,9 en direction des âgés ».