Réforme des retraites 2013 : ce qui va changer pour les jeunes


Les jeunes générations sont frappées de plein fouet par l'allongement de la durée de cotisation à 43 ans instaurée par la loi sur les retraites. Le texte prévoit des mesures pour en atténuer les effets.

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La réforme des retraites n’est pas tendre pour les jeunes. Ces derniers seront en effet les premières victimes de l’allongement de la durée de cotisation, la mesure phare du de la loi sur les retraites. Pour ne pas décourager les jeunes générations, des mesures spécifiques sur le rachat d’études, l’acquisition de trimestres pour les stagiaires et vis-àvis des apprentis sont prévues. Les dispositions à l’égard des temps partiels, des bas salaires et des chômeurs leur profiteront également.

172 trimestres de cotisation
Les actifs nés à compter de 1973 vont devoir justifier de 172 trimestres de cotisation (43 annuités) pour bénéficier d’une retraite à taux plein (sans décote). Cela signifie que les jeunes générations vont devoir travailler 2 ans de plus que leurs aînés.
La hausse de cotisation pénalise également les jeunes actifs puisqu’ils vont devoir supporter plus longtemps des cotisations vieillesse plus élevées, ce qui érode leur pouvoir d’achat. L’augmentation s’élève à 0,30 point sur 4 ans. Sa répartition est différente si le jeune est salarié dans le secteur privé (+ 0,15 point en 2014 et + 0,05 point de 2015 à 2017) ou s’il est agent de la fonction publique (+ 0,06 point en 2014 et + 0,08 point de 2015 à 2017).

Aide au rachat d’études
Les jeunes actifs vont pouvoir bénéficier d’un rabais de 1.000 euros s’ils rachètent des trimestres de cotisation au titre de leurs années d’études. Le dispositif de versement pour la retraite (VPLR) existe dans tous les régimes (y compris complémentaires et du secteur public) et permet de racheter jusqu’à 12 trimestres (3 annuités) notamment au titre des années d’études supérieures validées par un diplôme (à l’exception des classes préparatoires aux grandes écoles). L’aide de 1.000 euros sera limitée au rachat de 4 trimestres (1 annuité) et uniquement dans les dix premières années de la vie professionnelle.

Trimestres « gratuits » pour les apprentis
Les jeunes en apprentissage bénéficient de cotisations sociales allégées. Revers de la médaille : ils cotisent sur une assiette plus restreinte que les autres actifs. Du coup, un apprenti payé au Smic valide 3 trimestres dans une année, au lieu de 4.
La loi sur les retraites octroie des trimestres « gratuits » financés par l’Etat et un rabais sur le rachat de trimestres pour les ex-apprentis.

 

Acquisition de cotisation pour les stagiaires

En deçà de 436,05 euros par mois (soit la « gratification » obligatoire pour les stages excédant deux mois), le stagiaire ne paye pas de cotisations sociales, donc de cotisations vieillesse. Pour rattraper ces trimestres de cotisation « perdus », la réforme des retraites a instauré une cotisation facultative à la charge du stagiaire. En échange d’une cotisation de 12,50 euros par mois durant deux ans ou de 25 euros par mois durant un an (soit un montant total de 300 euros), le jeune se verra attribuer jusqu’à deux trimestres de cotisation supplémentaires à partir de six mois de stage. La demande devra être effectuée dans les deux ans suivant la fin du stage et celui-ci devra être un stage obligatoire de plus de deux mois qui s’inscrit dans un cursus de formation.

Coup de pouce pour les « petits boulots »
Bonnes nouvelles pour les étudiants qui travaillent pour financer leurs études : les temps partiels et les salaires inférieurs à 1,5 fois le Smic (2.168,07 euros bruts par mois en 2014) vont bénéficier d’un calcul préférentiel de validation. Ces derniers devront justifier de seulement 150 heures Smic pour valider 1 trimestre au lieu de 200 heures Smic. « Une activité rémunérée au Smic durant toute l’année permettra de valider quatre trimestres dès que le temps de travail dépasse 11,5 heures par semaine », illustre l’exposé des motifs du projet de loi sur les retraites.

Meilleure validation pour les chômeurs en formation
Les demandeurs d’emploi lorsqu’ils sont en stage de formation professionnelle cotisent sur une assiette forfaitaire très réduite ne permettant pas d’ouvrir beaucoup de droits à la retraite. Les périodes « classiques » de chômage permettent de valider 4 trimestres dans l’année, contre 1 trimestre pour un stage de formation professionnelle.
Pour encourager les chômeurs à se former et notamment les plus jeunes, la loi sur les retraites étoffe les droits à la retraite des périodes de formation professionnelle : 50 jours de formation rémunérée par l’Etat, la région ou non rémunérée mais faisant l’objet d’une cotisation versée par l’Etat permettront de valider 1 trimestre de cotisation.

 

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