Réforme des retraites : 76% des Français doutent de l’action du gouvernement


Alors que l'exécutif souhaite réformer les retraites, actifs et retraités se déclarent au trois-quarts peu confiants dans sa capacité à y arriver. Plus de 6 sondés sur 10 souhaitent une réforme en profondeur.

retraites, reforme

 

C’est peu dire que les Français ne sont pas convaincus de la capacité du gouvernement actuel à réformer les retraites. Plus des trois-quarts (76%) des 1.019 personnes interrogées par Ipsos pour le compte de l’Observatoire français des retraites monté par l’UMR (le gestionnaire de Corem) et le magazine Liaisons Sociales déclarent ne pas avoir confiance en l’exécutif pour assurer l’avenir des retraites.
Un véritable désaveu pour l’équipe de Jean-Marc Ayrault sachant que, dans l’édition parue en mai 2010 (c’est-à-dire avant la dernière réforme des retraites) de ce sondage réalisé deux fois par an depuis 2009, ce ratio s’élevait à seulement 64%. Pire : la part des sondés n’ayant « pas du tout confiance » (50%) dépasse désormais largement ceux qui ont « plutôt pas confiance » (26%).

Pour une réforme en profondeur

Des chiffres qui n’augurent rien de bon alors que François Hollande a confirmé qu’une loi sur les retraites serait adoptée d’ici la fin de l’année et que des « entretiens bilatéraux » entre le gouvernement et les partenaires sociaux vont avoir lieu sur cette question le 13 mai prochain. La gifle est d’autant plus rude que les Français sont dans leur majorité conscients de l’urgence de réformer les retraites.
Quitte à légiférer, 63% des répondants souhaitent une réforme en profondeur du système, « en mettant à plat tous les sujets, y compris les plus délicats ». 31% préfèreraient que l’on se limite à pratiquer des aménagements « afin de contribuer à résoudre les problèmes de financement les plus importants mais sans risquer le blocage social » (6% ne se prononcent pas).

Rejet de la désindexation des pensions

Quand on leur demande ce qu’il faudrait faire, les Français là encore font preuve d’un certain sens des réalités. Comme évoqué par François Hollande lors de son intervention télévisée du 28 mars dernier, 66% estiment « nécessaire » d’augmenter la durée de cotisation et 63% sont favorables à une hausse des cotisations. Le recul de l’âge de départ se place en troisième position (61%) devant la désindexation des pensions par rapport à l’inflation (40%), l’abandon du système par répartition pour un régime par points (37%), la baisse des pensions (26%) et une hausse de la fiscalité des retraités (25%).
On le voit, les Français semblent préférer que les sacrifices soient supportés par les actifs plutôt que par les pensionnés. Ce qui n’empêche pas les retraités d’être inquiets quant à leur avenir. Ils sont 80% à se déclarer préoccupés par l’évolution du montant de leur retraite. La peur d’une désindexation, voire d’une baisse, des pensions angoisse tout particulièrement les femmes retraitées (83%), dont la retraite est, il est vrai, en moyenne deux fois inférieure à celle des hommes.
Mais sur cette question, ce sont les actifs qui se révèlent les plus soucieux avec 86% d’entre eux qui se disent inquiets du montant de leur future pension. Il faut dire que le sondage a été réalisé un mois après la signature le 13 mars par les partenaires sociaux de l’accord sur les retraites complémentaires qui a débouché sur une revalorisation des pensions Agirc (pour les cadres) et Arrco (pour les salariés) en deçà de l’inflation.

 

Sur le même thème, consultez l’article sur : Les Français résignés à cotiser plus longtemps à la retraite