Réforme des retraites : la Halde saisie pour discrimination à l’égard des femmes par des députés et des associations


Les femmes partent en retraite en moyenne près de 2 ans plus tard que les hommes avec une pension inférieure de plus de 30%.

La réforme des retraites est discriminatoire vis-à-vis des femmes. C’est l’avis de plusieurs députés de gauche et d’associations qui ont saisi la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité) sur cette question.

« Nous considérons que certaines mesures existantes et/ou figurant dans le projet de loi de réforme des retraites constituent des discriminations indirectes envers les femmes », écrivent-ils dans une lettre adressée à la présidente de la Halde, Jeannette Bougrab.

Une saisine qui intervient alors que les députés débutent le mardi 7 septembre 2010 l’examen du projet de loi réformant les retraites, dont les principales dispositions prévoient de relever de 60 à 62 ans l’âge légal de départ en retraite et de 65 à 67 ans l’âge permettant de bénéficier d’une pension à taux plein.

Deux mesures qui « touchent de manière disproportionnée les femmes » estiment les signataires. Parmi ces derniers figurent  les députés de l’opposition parlementaire Marie-George Buffet et Roland Muzeau (PCF), Danielle Bousquet (PS), Noël Mamère et Anny Poursinoff (Verts) et Martine Billard (Parti de Gauche).

S’agissant des organisations signataires, citons Attac, la Fondation Copernic ou le Collectif national pour les droits des femmes. Ce dernier diffusera un tract à Paris sur un point fixe de la manifestation contre les retraites, Boulevard Beaumarchais angle rue du Pasteur Wagner.

En 2004, le montant moyen des pensions de retraite perçues par les femmes était de 38% inférieur à celui des hommes (1020 euros contre 1636 euros). La même année, les femmes nées en 1938, ont en moyenne liquidé leur droit à la retraite deux ans plus tard que les hommes : à 61,4 ans au lieu 59,5 ans (Source : Drees, échantillon interrégimes de retraités 2004). 3 femmes sur 10 doivent attendre l’âge de 65 ans pour compenser les effets d’une carrière chaotique et incomplète afin d’accéder au bénéfice du taux plein pour le calcul de leur pension.