Réforme des retraites : le discours de Nicolas Sarkozy


Voici un extrait du discours du Président de la République après le sommet social du 15 février 2010.

  « Vous connaissez les impératifs auxquels nous sommes soumis. Tous les chiffres sont sur la table. Compte tenu du temps que les mesures que nous prendrons mettront à produire leur plein effet, si nous voulons sauver notre système de retraites, nous ne pouvons plus différer les décisions. Celles-ci seront donc prises au début de l’automne sur la base d’un texte que le Gouvernement déposera sur le bureau des deux assemblées.

J’ai indiqué aux partenaires sociaux qu’en aucun cas je n’accepterai que soit remis en cause le principe de la retraite par répartition, pas plus que je n’accepterai que l’on diminue les pensions des retraités.
Je leur ai dit que le moment était venu de décider, même si je souhaite que du temps soit réservé pour le dialogue et pour le débat. Nous allons donc engager la discussion sur la base des travaux que le COR (Conseil d’orientation des retraites), organisme au sein duquel les partenaires sociaux sont représentés, doit remettre. Il nous donnera les derniers chiffres sur l’équilibre de nos régimes de retraite.

A partir de ce rapport, qui sera publié au début du mois d’avril, Xavier Darcos et Eric Woerth, pour la partie fonction publique, entameront des négociations avec les partenaires sociaux. Ces négociations se dérouleront au mois d’avril, au mois de mai, au mois de juin, au mois de juillet, éventuellement au mois d’août, si cela est nécessaire. Et au début du mois de septembre, les travaux parlementaires s’engageront. Ce qui fait que la question de la pérennité de nos systèmes de retraite sera réglée à l’automne prochain. C’est une question d’intérêt général. Au fond, le débat sur les retraites a commencé en 1993 lorsqu’Edouard Balladur a fait la première réforme, cela fait 17 ans. Ce débat avait même commencé avant.

Je vous rappelle qu’aujourd’hui, il y a une retraite sur dix qui n’est pas financée. Je vous rappelle qu’il y a 20 ans, il y avait deux cotisants, c’est-à-dire deux personnes qui travaillaient, pour financer la pension d’un retraité et qu’à terme malheureusement le rapport sera un retraité pour 1,2 cotisant. Aujourd’hui même, le déficit des régimes de retraite est de l’ordre de 30 milliards d’euros. Il est impossible de ne pas décider et en même temps, il faut faire de la pédagogie, convaincre, comprendre et examiner toutes les possibilités. Il ne faut pas rompre le fil du dialogue parce que cela concerne tout le monde. Voilà donc le calendrier qui a été annoncé. Que nul ne doute que le moment venu, bien sûr, je prendrai mes responsabilités. »