Réforme des retraites : les Français contre de nouveaux efforts


Selon un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, une majorité de Français est opposée à tout effort supplémentaire pour assurer la pérennité du système des retraites. Parmi les pistes évoquées, l'augmentation des cotisations reste la solution privilégiée par les sondés.

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Le débat sur les retraites ne dégage toujours pas de consensus. Alors que la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine en appelle à l’effort « de l’ensemble des Français », ces derniers se montrent catégoriquement opposés aux pistes évoquées pour rééquilibrer les comptes des régimes de retraite. Dans un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, une majorité de personnes interrogées se prononce contre trois des principales pistes de réflexion explorées pour pérenniser le système des retraites. Déjà mis à contribution par la réforme de 2010 qui a repoussé l’âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans, les Français se disent défavorables à un nouveau recul de l’âge de départ à la retraite au-delà de cette limite. L’allongement de la durée de cotisation au-delà des 42 annuités (168 trimestres) prévus pour 2020 ne recueille pas non plus l’adhésion des sondés, à 57% opposés à cette solution. Enfin, l’augmentation des cotisations retraites des employeurs et des salariés est consentie par 48% des Français.

Différences d’approche

Le refus majoritaire des Français d’accepter ces nouvelles mesures d’austérité est cependant contrasté, les seniors se montrant logiquement plus favorables à un allongement de la durée de cotisation ou à un recul de l’âge de la départ à la retraite. En effet, les 65 ans et plus indiquent opter pour la première solution à 61% tandis qu’ils sont 58% à se déclarer pour un nouveau relèvement de l’âge de départ. « Cette proportion est en moyenne de 35 % dans toutes les autres tranches d’âge, qui elles seront concernées », analyse l’Ifop, constatant un clivage « d’ordre générationnel ». Alors que certains hommes politiques, à l’image des députés Jean-Marie Le Guen (PS) ou Philippe Vigier (UDI), se sont prononcés en faveur d’une telle solution, la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine s’est pour sa part montrée plus réservée, rappelant que la réforme portée par le gouvernement précédent n’avait pas eu les effets escomptés, notamment en matière de financement des régimes de retraite, dont les déficits cumulés devraient atteindre la bagatelle de 20,8 à 24,9 milliards d’euros à l’horizon 2020 selon le Conseil d’orientation des retraites (COR).

Blocage sur la hausse des cotisations

Hypothèse « qui doit être regardée attentivement » selon Marisol Touraine, l’allongement de la durée de cotisation semble être la plus à même d’établir le consensus. « 52 % des sympathisants socialistes et 47 % pour les électeurs de droite y sont favorables », pointe les analystes de l’Ifop. « Mais derrière cet apparent consensus se cache sûrement une différence d’approche, l’électeur de gauche ayant sans doute en tête une hausse des cotisations patronales quand l’électeur de droite envisage probablement plutôt une hausse des charges salariales … », croient-ils savoir.

Souvent évoquée dans les discussions entre syndicats et patronat dans le cadre des négociations sur les régimes de retraite complémentaire Agirc (cadres) et Arrco (salariés), la piste d’une désindexation des pensions de retraite, c’est-à-dire une revalorisation inférieure à l’inflation, n’est pas soumise à l’opinion des sondés. Sur ce sujet, une ultime réunion est prévue le mercredi 13 mars entre les partenaires sociaux, après que les négociations ont une nouvelle fois achoppé, notamment sur la hausse des cotisations employeurs.