Réforme des retraites : pas de décision avant la concertation de 2013


Pierre Moscovici et Marisol Touraine ont confirmé que le gouvernement allait s'emparer du dossier des retraites en 2013. Mais la ministre des Affaires sociales n'entend « pas trancher » avant la concertation avec syndicats et patronat prévue au printemps 2013.

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Le gouvernement veut s’atteler au règlement des déficits des retraites, mais sans se hâter. Ni Pierre Moscovici sur RTL, ni Marisol Touraine sur la chaîne parlementaire Public-Sénat n’ont détaillé les projets de l’exécutif dans le contexte de creusement attendu des régimes de base d’ici 2020, comme le projette le Conseil d’orientation des retraites (Cor) dans un rapport rendu public mercredi 19 décembre. « Je ne vais pas trancher avant que la concertation ne soit engagée », a considéré la ministre des Affaires sociales. Cette dernière a confirmé la tenue de cette concertation au printemps 2013, de même que son collègue en charge de l’Economie et des Finances.

Réflexion au-delà de la question des déficits

« Il y aura une concertation », ont déclaré les deux ministres, concertation qui se voudra la plus exhaustive possible afin d’intégrer un ensemble de paramètres, et pas seulement financiers. « La réflexion doit être large », a estimé Marisol Touraine, Pierre Moscovici évoquant de son côté « la prise en compte de la pénibilité, les carrières interrompues […] et la nécessité d’équilibrer financièrement » les régimes de retraite.

« Il me semble qu’il faudra en effet revenir sur le sujet » des retraites, a affirmé le locataire de Bercy qui n’a toutefois pas lâché le terme de « réforme » malgré les questions insistantes de Jean-Michel Apathie. « Je ne sais pas si j’appellerai ça réforme des retraites au sens de la réforme Fillon, il ne s’agit pas de cela et ce ne sera pas la même philosophie », a-t-il répondu.

Touraine : « partir un peu plus tard »

Pour sa part, Marisol Touraine a jugé qu’il était nécessaire de donner de la « visibilité » pour les salariés actuels sur leur devenir quand ils mettront fin à leur carrière professionnelle. « Quelqu’un qui a aujourd’hui 45 ans doit pouvoir savoir selon quel principe il pourra partir en retraite », estime la ministre qui a par ailleurs nuancé certaines interprétations tirées du rapport du Cor. « Le rapport est plus subtil. […] Il ne préconise pas de reporter de six mois l’âge légal de départ en retraite, il dit que ce qui compte c’est moins l’âge légal que l’âge auquel très concrètement vous partez en retraite. C’est ça qui est en jeu. Il faut que les gens qui ont travaillé dans des conditions satisfaisantes puissent partir un peu plus tard », a-t-elle détaillé. Sans pour autant affirmer qu’elle était favorable à la proposition du Medef de repousser de nouveau l’âge de départ à la retraite de 62 à 63 ans. « C’est une priorité que de mettre à plat les différentes options », a-t-elle éludé.

Une seule chose est sûre, le gouvernement Ayrault n’entend pas favoriser la retraite par capitalisation. « La capitalisation n’est pas notre souhait, ce n’est pas notre choix. Pour nous, il est absolument clair que système de retraite par répartition qui est un système de justice et de solidarité doit être préservé, c’est bien cela qu’il s’agit de consolider », a-t-elle conclu.


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