Résidences seniors : les Senioriales gagnent le nord de la France


INTERVIEW. Gérard Pinneberg, directeur commercial des Senioriales. Le groupe toulousain a ouvert ses premières résidences seniors en 2002 au soleil. Filiale du groupe Pierre & Vacances Center Parcs depuis 2007, il s'implante progressivement dans le Nord de la France. Quatre Senioriales sont en cours de réalisation.

Gérard Pinneberg

Début 2011 il existe 25 résidences Senioriales en France qui abritent plus de 1 500 résidents. Quelles sont leurs particularités par rapport aux autres types d’hébergement pour personnes âgées ?

Contrairement aux autres types d’hébergement pour personnes âgées, les Sénioriales reçoivent des retraités actifs, c’est à dire dynamiques et indépendants. En moyenne, les résidents ont 64 ans et demi quand ils achètent leur villa. Je parle de retraités non dépendants puisqu’à la différence des Ehpad par exemple, il est important de souligner que les résidents ne sont pas encadrés par une équipe médicale. En revanche, les logements répondent tous aux normes handicapés. Les retraités vont acheter une villa dans un de nos lotissements car leur maison n’est plus adaptée. Elle est devenue trop grande, les escaliers compliqués…

Les Senioriales permettent alors aux retraités de devenir propriétaire d’un logement sécurisant, confortable avec une surface raisonnable.
Les personnes âgées restent indépendantes mais profitent de nombreux avantages : le jardin sans avoir à l’entretenir par exemple. De plus, elles peuvent participer à un grand nombre d’activités : des animations l’après-midi, mais aussi des soirées au club house de la résidence. Ce sont les vacances toute l’année.

C’est un concept qui plait plus aux hommes ou aux femmes ?

Les Senioriales accueillent une majorité de femmes. J’ai l’impression que les hommes éprouvent plus de difficultés à quitter leur logement d’origine. Ils restent plus facilement dans un habitat inadapté, en subissant plus « facilement » que les femmes. On compte aujourd’hui 50% de couples, 30% de femmes seules et 15% d’hommes seuls dans les Senioriales. Mais les chiffres évoluent. Les hommes font de plus en plus souvent le pas pour lutter contre la solitude. Ils sont plus courageux, mais surtout plus aventuriers. Car il faut être aventurier pour déménager et quitter ses habitudes.

Les Senioriales sont d’abord nées dans le Sud de la France. Partir vivre sa retraite au soleil, c’est le rêve de nombreux retraités?

Effectivement les Senioriales se sont d’abord adressées aux personnes âgées qui souhaitaient vivre leur retraite au soleil. Il s’agit pour eux de commencer une autre vie, de se payer le sud, comme ils l’avaient toujours rêvé. Ces zones littorales, où il fait bon vivre toute l’année plaisent beaucoup aux retraités ; ils quittent enfin la grisaille parisienne. Mais au fil des années, nous avons de plus en plus de demandes de retraités qui ne souhaitent pas quitter leur région d’origine, et surtout ne veulent pas s’éloigner de leur famille. Ils ne sont pas prêts à faire un si grand pas, et demandent moins cette rupture de vie. Nous voulons donc répondre à la demande de ces retraités, souvent plus âgés, et peut être aussi moins aventuriers. Voilà pourquoi nous migrons peu à peu vers le nord de la France.

Quelles sont les régions où vous allez vous implanter prochainement?

Nous souhaitons par exemple nous implanter en Alsace et nous allons lancer un projet dès le deuxième semestre de cette année pour proposer une destination. Mais plus concrètement, nous avons actuellement quatre résidences en cours de réalisation dans la moitié nord de la France : à Lucé à côté de Chartres, à Saint-Avertin aux portes de Tours, à Equemauville dans le Calvados, et dans les Yvelines à Rambouillet. Petit à petit, nous nous rapprochons de Paris. A 100 kilomètres de la capitale, nous trouvons des endroits très agréables à vivre. Ces résidences vont attirer une majorité de parisiens qui se retrouveront à deux heures à peine de leurs habitudes. C’est plus facile pour eux de se projeter et de s’engager. Mais on ne peut pas non plus dire que l’on sera à Paris demain, cela relève de l’ordre du fantasme, sachant que nous avons besoin d’espaces .Une Senioriale possède en moyenne 3 hectares de terrain. En région parisienne nous arriverons à trouver des terrains uniquement dans la grande couronne. On pense d’ailleurs s’implanter dans le Seine-et-Marne (77) prochainement. Mais on souhaite que les prix des appartements, qui dépendent du foncier, restent raisonnables…

Quels sont les prix justement ? Les Senioriales sont-elles accessibles à la classe moyenne?

Comme je vous le disais, les prix évoluent en fonction de la région. Dans le Gers, il faut débourser environ 150.000 euros pour avoir sa villa de 60 m². Dans le Gard, une région très demandée, il faut compter 250 000 euros. Le prix moyen est de 203.000 euros pour ce type de produit. On essaie de ne pas être au-dessus de 10 à 15% des prix du marché pour être au plus près du marché de l’immobilier classique. Mais il serait faux de dire que les Senioriales sont accessibles à tout le monde. En effet, cela dépend de la valeur du bien immobilier que le retraité va vendre pour pouvoir acheter sa Senioriale. Ceux qui ont un bien qui coûte moins de 150 000 euros à la vente auront des difficultés à acheter une Senioriale.

Est-ce que certains retraités revendent leur Senioriale?

Effectivement, cela arrive parfois. Depuis les premières résidences seniors, on constate des échecs d’adaptation pour certains retraités. Les six premiers mois sont difficiles, il est important pendant cette période que les gens trouvent leurs marques. Mais certains n’y parviennent pas, et se sentent déracinés. On les aidera alors à revendre leur maison. Mais en général, ils ne regrettent pas leur achat puisqu’il s’agit d’un produit immobilier sécurisant, c’est de l’argent immobilier bien investi, et ils se font une plus-value à la revente.

Les mairies délivrent-elles facilement des permis de construire ?

Les mairies sont souvent demandeuses de ce type d’aménagement. En effet, l’implantation de résidences senioriales crée un nouveau flux de villageois et redynamise parfois les petits villages. Ce sont 60 nouveaux consommateurs, qui de surcroit sont des citoyens respectueux. En effet, on sait bien que ce sont rarement les seniors qui dégradent les communes. Les retraités s’investissent dans la vie du village pour parfois même devenir présidents d’associations.