Retour de l’AER : le futur patron de la CFDT n’abandonne pas


Après le rejet par les députés jeudi 8 novembre d'un amendement rétablissant l'Allocation équivalent retraite (AER), Laurent Berger, secrétaire général adjoint de la CFDT, a indiqué qu'il remettrait le sujet sur la table lors de la conférence sur la pauvreté des 10 et 11 décembre 2012.

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Laurent Berger, successeur désigné de François Chérèque à la tête de la CFDT, a indiqué à l’agence de presse Sipa qu’il regrettait le refus de l’Assemblée nationale de rétablir l’Allocation équivalent retraite (AER). Les députés ont en effet rejeté jeudi 8 novembre 2012 en séance publique un amendement du député PS Jean-Patrick Gille instaurant de nouveau cette aide pour les seniors licenciés en 2008 et en 2009, en fin de droit d’indemnisation, ayant suffisamment cotisé mais pas encore atteint l’âge légal de départ en retraite.

« C’est une injustice terrible parce que ces personnes en fin de droits ont cotisé le nombre légal d’années pour avoir droit à leur retraite. Elles ont rempli leur devoir mais ne peuvent pas bénéficier de leur pension parce qu’elles n’ont pas encore l’âge légal. Cette mesure ne coûtait que 10 millions d’euros. Et il est clair que les personnes parties en 2008 et en 2009 comptaient bien évidemment sur l’AER, qui a été supprimée », a déploré l’actuel secrétaire général adjoint de la CFDT. Il estime que les personnes concernées et privées d’aide « ne peuvent pas comprendre le sort qui leur est réservé et se retrouvent en difficulté, à devoir vivre sans perspective d’emploi, avec 470 euros par mois », soit le montant du RSA.

250 millions d’euros pour 30 000 bénéficiaires

Pour Laurent Berger, le coût du retour de l’AER avancé dans l’Hémicycle par le gouvernement pour motiver son refus est exagéré. Le ministre du Travail Michel Sapin a ainsi estimé ce coût entre 800 millions et un milliard d’euros, sans donner davantage de précisions sur le nombre de bénéficiaires potentiels et préférant remettre le sujet aux discussions globales sur la réforme des retraites prévues en 2013. « Le dispositif coûte plutôt 250 millions d’euros pour environ 30.000 personnes entrantes chaque année », précise Laurent Berger, ajoutant que le nombre de personnes pouvant être concernées est difficile à évaluer. « Cela nécessite de croiser un grand nombre de bases de données », souligne-t-il.

L’ATS et le décret carrières longues ne suffisent pas

D’après lui, l’allocation transitoire de solidarité (ATS) instaurée en juillet 2011, en remplacement de l’AER, « a réglé le problème pour 11.000 personnes », d’autres étant désormais prises en charge par l’élargissement par décret du dispositif carrières longues, qui permet un départ à la retraite à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. « Mais, beaucoup sont encore face à cette difficulté et nous contactent régulièrement », conclut Laurent Berger.

La CFDT compte profiter de la conférence sur la pauvreté de 10 et 11 décembre 2012 pour exiger le retour de l’AER une nouvelle fois.