Retraite à 60 ans : patronat et syndicats déterminés avant la rencontre du 29 mai avec le gouvernement


Après une première salve contre le décret sur la retraite à 60 ans, Laurence Parisot, présidente du Medef, est revenue à la charge dimanche 27 mai lors du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI. La veille du week-end, Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT) défendaient pour leur part la mesure. Tous seront reçus par le gouvernement le mardi 29 mai 2012.

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Invitée du Grand jury RTL/Le Figaro/LCI, Laurence Parisot, patronne du Mouvement des entreprises de France (Medef), a de nouveau attaqué le rétablissement de la retraite à 60 ans pour ceux ayant commencé à travailler tôt. Cette extension du dispositif « carrières longues », voulue par le gouvernement, « n’est pas raisonnable du point de vue de l’équité intergénérationnelle. Ce qui se prépare va rendre les retraites des trentenaires ou de ceux qui ont 20 ans presque improbables», a estimé Laurence Parisot.

La présidente du Medef s’est notamment inquiétée des conséquences de cette réforme sur les finances des régimes complémentaires Agirc (cadres) et Arrco (salariés) ainsi que sur la compétitivité des entreprises et sur les salaires. « Sur cinq ans, cette mesure représente une hausse de 0,5 point de cotisation pour les salariés. Soit, en 2017, 120 euros net par an qui vont partir en cotisation pour quelqu’un qui gagne environ 2000 euros brut par mois», a-t-elle affirmé, précisant que le mécanisme à l’étude « va au-delà de ce qu’avait envisagé François Hollande pendant sa campagne ».

Pour les syndicats cependant, ce mécanisme reste encore flou. Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière (FO) se demandait vendredi 25 mai sur RTL comment serait appliqué cet engagement, soulignant qu’il ne disposait d’aucun chiffre exact. « Un engagement a été pris (…), comment va-t-il être respecté ? (…) Est-ce qu’on va juste comptabiliser les années effectivement travaillées (comprenant les congés maternité et le service national, NDLR) ou va-t-on intégrer les périodes validées comme par exemple le chômage de longue durée ? » s’est-il interrogé. Il a ajouté que les périodes de chômage et de maladie feraient partie de la négociation qui doit s’engager le mardi 29 mai. Ce jour-là, le premier ministre Jean-Marc Ayrault recevra les partenaires sociaux pour préparer la conférence sociale de juillet. « On va discuter avec le gouvernement, on n’a pas les chiffres encore: un coup c’est 150.000, un coup c’est 100.000 (nombre de bénéficiaires potentiels, NDLR) », a-t-il expliqué.

Convergence du public et du privé

Le même jour sur RMC, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, jugeait que le calcul des 41 annuités de cotisation devrait notamment prendre en compte les périodes de service militaire, les congés maternité, les maladies dans la limite d’un an, mais pas le congé parental. Il souhaite aussi une réflexion sur « une convergence du public et du privé pour le calcul des retraites » et le rétablissement de de l’allocation équivalent retraite (AER). Destinée aux seniors chômeurs ayant suffisamment cotisé pour la retraite sans en avoir l’âge légal, cette aide a été remplacée par l’allocation transitoire de solidarité (ATS) mais concerne moins de personnes qu’auparavant.