Retraite anticipée à 60 ans : l’Ifrap chiffre le projet du PS à 12 milliards d’euros sur 6 ans


La Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (Ifrap) s'est penchée sur les déclarations du candidat socialiste François Hollande qui propose la « retraite à 60 ans sous conditions ». Elle estime qu'étendre le dispositif carrières longues aux personnes ayant commencé à travailler à 18 ans est « coûteux ».

L’Ifrap évalue ainsi ce coût à 12 milliards d’euros de 2012 à 2017. La Fondation explique en effet qu’un nombre important de personnes de 60 ans ayant acquis tous leurs trimestres devraient être concernées. « Les salariés qui vont partir en retraite dans les prochaines années sont nés dans les années 1950 et ont commencé à travailler vers 1970. A cette époque le chômage était encore très faible, les études supérieures n’étaient pas aussi fréquentes que maintenant et de nombreux jeunes travaillaient avant 20 ans. Les trimestres incomplets de travail avant le service militaire étaient généreusement pris en compte pour la durée de cotisation », précise l’Ifrap.

Parmi eux, une proportion importante de femmes ayant toujours travaillé vont disposer de nombreux trimestres, en raison des 4 à 8 trimestres supplémentaires par enfant qui leur sont octroyés.

Dans une interview accordée au Monde, Marisol Touraine, chargée des questions sociales au sein de l’équipe de campagne de François Hollande, avait indiqué que l’extension du dispositif carrières longues aux personnes qui ont commencé à travailler à 18 ans concernerait 130 000 à 150 000 personnes par an pour un coût estimé à « environ 2 milliards d’euros en 2012 ».

Alignemement des régimes

L’Ifrap estime que la proposition du candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012 « n’est pas du tout adaptée à la situation financière de la France et encore moins à celle des régimes de retraite qui sont déjà en déficit de 6 milliards d’euros cette année. »

La Fondation préconise plutôt de rapprocher les différents régimes de retraite de l’équilibre, notamment par un « alignement des régimes spéciaux sur le régime général et un recul de l’âge de la retraite ».