Retraite complémentaire : les libéraux au régime sec


Les revalorisations des pensions complémentaires instaurées au 1er janvier 2016 par les caisses de retraite des professions libérales sont modiques, voire nulles. Le pouvoir d'achat de leurs affiliés retraités va en souffrir.    

La pension complémentaire des médecins a augmenté de seulement 0,19% au 1er janvier 2016

Ce n’est pas (encore) cette année que les libéraux retraités vont pouvoir se desserrer la ceinture. Les taux de revalorisation pour 2016 des pensions complémentaires appliqués par les régimes de retraite des professions libérales s’avèrent faibles, voire nuls, selon les relevés pratiqués par Toutsurmesfinances.com.

A compter du 1er janvier 2016, la valeur du point au RAAP (écrivains, graphistes, photographes…) a été relevée de seulement 0,61% (à 8,23 euros), celle du RACL (compositeurs…) de 0,57% (à 0,529 euro), celle de la RACD (réalisateurs, scénaristes, chorégraphes…) de 0,55% (à 0,366 euro), celle de la CARMF (médecins) de 0,19% (à 78,55 euros) et celle de la CAVEC (experts-comptables) d’un petit 0,1% (à 1,123 euro). Quant à la CARPV (vétérinaires) et la CIPAV (architectes, géomètres, formateurs, consultants…), l’indexation annuelle s’élève à… 0% avec une valeur du point respectivement de 34,66 euros et de 2,63 euros.

Faible inflation

Si la revalorisation des retraites de base des professionnels libéraux est, comme pour toutes les pensions de base, déterminée par les pouvoirs publics, celle des retraites complémentaires est fixée, en début d’année, par les conseils d’administration de chacune des 11 caisses. Et le moins que l’on puisse dire c’est que la modération a été une nouvelle fois le mot d’ordre pour 2016.

Les administrateurs des caisses prennent, il est vrai, en compte l’inflation, la revalorisation annuelle des pensions complémentaires visant à compenser la hausses des prix à la consommation et à maintenir ainsi le pouvoir d’achat des affiliés retraités. Or, l’inflation se montre atone. Après 0,5% en 2014, les prix ont augmenté en France de seulement 0,2% en 2015.

Bonne gestion

Reste que le gouvernement table sur une hausse de 1% en 2016. Si les projections de l’exécutif se confirment, les libéraux à la retraite vont donc y perdre avec des revalorisations des pensions complémentaires inférieures à 1%. C’est que, à l’image des autres régimes de retraite, les caisses doivent faire face à l’arrivée massive à la retraite des « baby-boomers », cette génération née après la Seconde guerre mondiale un tiers plus nombreuse que les précédentes.

Pour éviter de trop augmenter les cotisations vieillesse pesant sur les actifs ou de trop baisser le rendement au détriment des futurs retraités, les caisses des professions libérales sollicitent leurs pensionnés. A la Cavec par exemple, il a été décidé que les recettes supplémentaires nécessaires à la consolidation financière du régime seraient issues à 80% d’une hausse de cotisation et à 20% d’une augmentation modérée des pensions complémentaires.

« Il est normal que les retraités actuels qui ont profité du système participent à l’effort », estime Pol Lavefve, le président de la caisse d’assurance vieillesse des experts-comptables et des commissaires aux comptes. Même la Cipav, dont la démographie est pourtant largement favorable, s’est montrée frugale. Afin d’assurer le financement des futures retraites des 300.000 autoentrepreneurs qui ont rejoint la caisse depuis la création du statut en 2008, les pensions complémentaires servies n’ont carrément pas été revalorisées au 1er janvier.

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