Retraites Agirc-Arrco : la CGT refuse à son tour le projet d’accord


Comme attendu, la centrale de Montreuil ne souhaite pas signer l'accord du 13 mars sur les régimes de retraite complémentaires Agirc et Arrco. Elle soutient qu'une hausse plus élevée des cotisations patronales aurait permis d'éviter la moindre revalorisation des pensions.

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Toutes les positions des syndicats sur le projet d’accord sur les retraites complémentaires sont désormais connues. La CGT, la cinquième et dernière organisation syndicale représentative à s’exprimer sur le sujet, a annoncé ce 26 mars 2013 qu’elle ne signerait pas le texte rédigé le 13 mars dernier par les partenaires sociaux, gestionnaires des régimes Agirc (pour les seuls cadres) et Arrco (pour l’ensemble des salariés).
L’opposition de la centrale de Montreuil était connue. Depuis le début des négociations pour sauver les deux régimes aux finances dégradées par le « papy-boom », la confédération a eu tendance à se mettre à part. Lors de la première réunion organisée le 22 novembre au siège du Medef, ses représentants n’ont pas hésité à claquer la porte face au refus du patronat d’attribuer de nouvelles ressources, c’est-à-dire d’augmenter les cotisations.

Hausse des cotisations trop faible

La CGT a eu en partie gain de cause puisque le Medef a fini, après bien des rebondissements, à consentir une augmentation de 0,1% (prise en charge à 60% par les entreprises et à 40% par les salariés) en 2014 et 2015 du taux contractuel de cotisation. Taux contractuel qui ouvre des droits aux futurs retraités. Reste que pour le syndicat, dirigé depuis le 22 mars par Thierry Lepaon qui a pris la succession de Bernard Thibault, la hausse consentie n’est pas assez importante. « La partie patronale a dû concéder une augmentation, mais celle-ci est beaucoup trop faible et ne permettra pas le retour à l’équilibre des régimes », écrit la CGT dans son communiqué.
C’est justement parce que les ressources supplémentaires ne seront pas suffisantes que les dépenses, soit les prestations, vont devoir être amputées, souligne le syndicat. « L’aspect le plus négatif de l’accord porte sur la revalorisation des valeurs de service des points Arrco et Agirc, donc des pensions », peut-on lire dans le communiqué qui fait référence à la revalorisation des pensions inférieure à l’inflation décidée en 2013, 2014 et 2015. Au 1er avril 2013, les pensions de l’Arrco vont augmenter de 0,8% et celles de l’Agirc de 0,5%. Les deux années suivantes, la revalorisation des retraites complémentaires sera inférieure chaque année de 1 point à la hausse des prix à la consommation (la revalorisation ne pourra toutefois pas être négative).
« C’est une très mauvaise nouvelle pour les retraités, mais également pour les actifs dans la mesure où les valeurs de service des points sont également utilisées pour le calcul des futures retraites », rappelle la CGT qui ajoute : « c’est aussi une mauvaise nouvelle pour l’économie du pays puisque la baisse de pouvoir d’achat de 11 millions de retraités ne manquera pas d’avoir des répercussions négatives sur la demande intérieure et donc sur l’emploi. » La CGT craint également que la sous-indexation des pensions complémentaires soit également appliquer aux retraites de base. « Cet accord était très attendu par le gouvernement qui entend bien s’abriter derrière celui-ci pour mettre en œuvre des dispositions du même ordre dans les régimes dont il a la responsabilité (CNAV, Fonction publique, régimes spéciaux…) », estime le syndicat.

Risque de baisse nette des retraites

Sans une hausse plus importante des cotisations, la confédération prévoit même le pire : une revalorisation négative. « On peut craindre que la prochaine étape soit une baisse nette (et non relative comme dans l’accord, NDLR) des pensions ». Un scénario noir qui ne relèverait pas de la science-fiction, toujours d’après la CGT. « Le risque est d’autant plus grand [d’une baisse des pensions] que la masse salariale, qui détermine avec les taux de cotisations le niveau des ressources, a tendance à stagner du fait des destructions massives d’emplois et d’une pression énorme sur les salaires », constate l’organisation syndicale.
A défaut de pouvoir bloquer l’accord du 13 mars (les signatures de la CFDT, de la CFTC et de FO sont suffisantes), la CGT promet d’être très active dans le cadre des négociations que le gouvernement et les partenaires sociaux doivent entamer au début de l’été en vue de préparer la future réforme des retraites prévue fin 2013.

 

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